Élection présidentielle française 2017 – Deuxième tour : les messages des affiches
Affiche électorale de Marine Le Pen, extrême droite du Front national.




Texte et photos / Chen Chi-Hsiang
Cette élection présidentielle française a été marquée par une domination manifeste du pouvoir en coulisses et une manipulation totale des médias (les candidats sont fabriqués). Une démocratie libérale « mortelle » (soupirant à la chute de la démocratie) qui octroie aussi l’information numérique plurielle d’aujourd’hui. Au premier tour, les partis traditionnels de gauche et de droite ont été éliminés, comme prévu. Les Républicains (droite traditionnelle), avec Fillon à 20 %, n’ont pas réussi à entrer en duel pour la première fois ; Mélenchon (gauche extrême, près de 20 %) a progressé pour se classer quatrième. La situation fut particulièrement dramatique pour le Parti socialiste, avec Hamon à 6 %, dont la déroute a balayé la tradition historique de gouvernement alterné entre gauche et droite.
Le néolibéral Macron (Emmanuel Macron, 24 %) a pris la tête face à Marine Le Pen (Front national, extrême droite, 21 %). Il est évident que Macron incarne le porte-parole des magnats de la finance et des capitalistes au service du néolibéralisme, tandis que Le Pen, populiste, prône la priorité nationale, l’exclusion et des politiques protectionnistes locales. L’affrontement entre mondialisation et anti-mondialisation est devenu la tendance actuelle. Face aux fruits pourris du capitalisme financier mondialisé et de la primauté de l’État, il n’y a pas d’autre choix. Si la mondialisation apporte une prospérité économique et crée d’immenses richesses, ce sont les capitalistes qui en tirent profit ; les ressources se concentrent entre peu de mains, créant une société en forme de M avec inégalités et chômage, générant des problèmes sociaux sévères. En période d’instabilité sociale, le Front national, extrême droite populiste, émerge sur fond d’exclusion et de protectionnisme. Cette fois, la France a directement heurté un mur. Qui voter ? Tout semble être une impasse. L’avenir s’assombrit, devenant presque une hétérotopie.
La mondialisation privilégie les marchés, les prix et les intérêts des capitaux financiers et des multinationales. Comme le suggère Poutou (parti anticapitaliste) : « Notre vie n’est pas leur profit », ou encore Jacques Cheminade appelant à libérer la finance et à occuper. Le néolibéralisme est une mort lente (« grenouille dans l’eau chaude »), tandis que le Front national bute directement contre les murs. Ces derniers jours, manifestations et occupations quotidiennes ont eu lieu. La plus remarquable fut celle des lycéens français exprimant leur anxiété face à l’avenir, avec le slogan : « Ni Macron, ni Le Pen ». Beaucoup de citoyens sont perdus, remplis d’inquiétude et de peur face à l’avenir. Où la France va-t-elle ? Cette fois, elle ne fait pas que heurter un mur, elle le traverse. Dans cette confusion sans retour possible, je crois que le peuple a les yeux clairvoyants et est plus sage que les politiciens. Accueillons-nous l’avenir français ?
Comme le dit le célèbre sociologue français Alain Touraine : « Nous refusons de choisir entre une mondialisation dirigée par les pays industrialisés et une dictature menée au nom des droits communautaires, car ces deux forces entrent aujourd’hui en conflit partout sur Terre, menaçant gravement la liberté des sujets. » La situation est exactement inverse. Pour échapper à l’« hégémonie de la consommation » du libéralisme économique, ainsi qu’à la « contrainte identitaire » du nationalisme culturel, il faut mener une lutte incessante sur deux fronts !