Continuer à peindre sous le soleil, chapeau sur la tête
Combattre vaillamment, un sac de glace enroulé autour de la tête comme un héros

Texte et photos / Chen Chi-Hsiang : Aujourd’hui, 24 juillet, ciel d’azur sans nuages. Les cimes des arbres sont silencieuses, pas un souffle de vent. Le soleil semble particulièrement grand et intense, comme au bord d’un volcan. Ces derniers jours, une vague de chaleur a frappé la France ; après 37-38 °C hier, Paris continue de monter. Selon les prévisions de l’office météorologique, nous dépasserons les 40 °C demain.

À 17 h 30, il fait très clair, presque éblouissant, comme si le soleil chantait avec passion, criant et brûlant. (Regardez le thermomètre à la fenêtre) : la température extérieure a franchi les records parisiens des cinquante dernières années, atteignant « 41-42 °C ». Même fenêtres closes, la température intérieure est de 37 °C. Accroupi chez moi, en short, torse nu, je peins pour éviter la chaleur. Bien que concentré et patient, le dos sue abondamment. Tel un héros, je bande un sac de glace sur la tête et continue mon combat, essayant aussi de porter un chapeau. Je peins par intermittence. Si le calme intérieur apporte la fraîcheur, (je n’ai pas de ventilateur) mais en agitant un éventail en paille rapporté de Taïwan, je retrouve un peu de fraîcheur.

Demain, 25 juillet, les prévisions annoncent 42 °C (la température réelle sera de 42,4 °C – on grille littéralement, c’est difficile à imaginer). Chérir cette épreuve ou expérience thermique, tout se vérifie dans la dissolution de l’illusion. La canicule parisienne ne dure que quelques jours, devenant vite fumée du passé. Ressentir la chaleur extrême est un don du ciel, qui nous aide à mieux apprécier et remercier la température confortable habituelle.