Claire Morgan – Exposition personnelle « Perpetually at the Centre »
Sans titre 2012 240x28x28cm mouches bleues, graines de chardon, nylon. ponb








Texte et photos / Chen Chi-Hsiang | Dates : du 14 octobre au 23 décembre | Lieu : Galerie Karsten Greve
Claire Morgan (née en 1980) est l’artiste irlandaise la plus représentative, une étoile montante brillante sur la scène artistique contemporaine, internationalement reconnue et considérée comme l’une des artistes les plus talentueuses. Ayant grandi dans la nature irlandaise, celle-ci devient naturellement le lien instinctif de son expression artistique. Elle est célèbre pour ses installations environnementales dramatiques (insectes, petits animaux empaillés, graines de plantes et fines plaques de plastique coloré), dont la création tourne autour de la psychologie contradictoire entre l’homme et sa relation avec la nature environnante, incarnant ainsi sa pratique artistique consciente de l’écologie et de l’éthique. L’artiste déclare : « Chaque petit animal raconte une histoire. J’aime inventer une scène sculpturale ». Ses œuvres d’installation captivantes possèdent une pureté élégante qui émerge d’une force répétitive aux formes géométriques rigoureuses (comme les cercles, carrés ou rectangles), produisant une empathie incroyable à partir de ces errances figées mais dynamiques.
Elle excelle à suspendre densément, à l’aide de fils de nylon transparents, des moustiques, mouches, petites souris, oiseaux, renards, paons empaillés, etc., ainsi que des graines de plantes (pissenlit et étamines de chardon) et de fines plaques de plastique coloré, flottant dans l’espace, ce qui peut laisser perplexe, semblable à capturer des animaux au centre des nuages environnants. Elle recrée un mouvement et crée des situations de peur et d’inquiétude naturelles. L’artiste explique : « Explorer la chair animale, la mort et l’illusion de l’éternité dans mes œuvres est ma propre tentative de trouver un compromis avec ces choses ». Ses installations ne sont qu’une représentation statique, et leur code est permanent ; ces espaces résument la beauté et la mélancolie de nos vies fragiles.
Dans cette exposition personnelle Perpetually at the Centre, Claire Morgan explore, à travers la contemplation des forces de la nature et la réflexion sur soi, la relation entre l’homme et la nature qui l’entoure. Sous la domination manipulatrice humaine, reflétant la destruction progressive de l’environnement naturel, ses installations objectivent le monde ; les animaux empaillés semblent s’adapter à un monde de gaspillage consumériste. Ces sculptures suspendues, caractérisées par une mise en pause ou une congélation permanente des corps, se déploient entre vie et mort, organique et artificiel. Cette exposition contemple la puissance de la nature ainsi que l’exploration existentielle de la mortalité humaine et individuelle. Les vastes océans, forêts et nuits profondes apparaissent comme des abysses. Toujours sujet de méditation profonde jusqu’à la métamorphose de l’existence entière, cela révèle à l’homme sa propre vulnérabilité.
Cette réflexion n’ignore pas la crise humanitaire en cours en Méditerranée (…), ni les signes avant-coureurs de futures crises humanitaires liés aux changements climatiques extrêmes, qui font également partie des éléments inspirant l’attention de l’artiste. Dans les œuvres de Claire Morgan, la nature est étonnamment immobile et parfaite. Cette ambiguïté vivante des animaux empaillés contraste avec les formes géométriques fragiles créées par ce « bon organisateur » à l’aide de fils de nylon, où pendent des graines de pissenlit ou des fragments de plastique. Le monde de l’artiste est un univers menacé par l’invasion humaine et le cynisme, résistant malgré tout par sa beauté. Il incarne parfaitement des scénarios géométriques et minimalistes, si légers à leurs structures fragiles qu’ils peuvent disparaître sous un simple souffle. Dès lors, comment ne pas questionner nos actions quotidiennes ?
(Note : cet article provient d’une traduction partielle du texte de l’exposition.)