Peintre naïf – Rousseau
« Rêve » 204,5×299 cm, 1910, Musée d'Art moderne de New York. Rousseau (Douanier Rousseau, 1844-1910), le peintre naïf le plus célèbre au monde, bénéficia du Salon des Indépendants (sans jury, libre participation). De 1886 jusqu'à sa mort, il y exposa régulièrement chaque année. Cette figure origina

« Rêve » 204,5×299 cm, 1910, Musée d'Art moderne de New York. Rousseau (Douanier Rousseau, 1844-1910), le peintre naïf le plus célèbre au monde, bénéficia du Salon des Indépendants (sans jury, libre participation). De 1886 jusqu'à sa mort, il y exposa régulièrement chaque année. Cette figure originale attira l'attention des artistes d'avant-garde comme Delaunay, Derain, Picasso, ainsi que la faveur du poète et critique d'art Apollinaire, qui devint son porte-parole et défendit son art hors norme, permettant à Rousseau d'intégrer l'histoire de l'art.
La vie de Rousseau fut banale : il épousa Clemence Boitard à 25 ans et eut neuf enfants, dont une seule fille survécut. Grâce à cette relation, il obtint un poste aux douanes de Paris (on le crut longtemps fonctionnaire des douanes, alors qu'il n'était que percepteur). Il démissionna en 1885 pour se consacrer à la peinture, commençant par copier les chefs-d'œuvre du Louvre, ce qui servit d'échauffement à sa création. Peu après, son épouse mourut ; il se remaria avec Rosalie Nourry, mais celle-ci décéda également quatre ans plus tard. Dès lors, il se consacra entièrement à la peinture. La copie ne modifia pas son instinct fortement spontané, ni le langage pictural franc et clair, ni son espace imaginaire.
Parmi les nombreuses forêts primitives mystérieuses et les paysages exotiques peints par Rousseau, sa légende racontait qu'il avait voyagé au Mexique ou en Afrique, ce que ses œuvres semblaient confirmer. En réalité, Rousseau ne quitta jamais Paris ; ses inspirations forestières et exotiques provenaient des jardins botaniques luxuriants de la capitale et des emballages illustrés des grands magasins. Son art pictural pur et innocent occupe une place particulière dans l'histoire de l'art occidental moderne. Ce style primitif est sensible, simple et candide, ses œuvres étranges possèdent souvent un charme séducteur et une imagination hors norme. Des œuvres majeures telles que La Guerre, La Bohémienne endormie, Le Serpentaire et Rêve illustrent cette singularité.