David Mach, exposition personnelle « Portraitique »
(Haut) Statue de Bodhisattva rouge, 53x37x42,7 cm, 2007. (Bas) Statue « Sitting Woman », 2007.



(Nouvelle série collage – Drapeau français, 200x200 cm, 2007). L'exposition personnelle de David Mach « Portraitique » est présentée à la galerie Jerome de Noirmont du 21 septembre au 17 novembre. Né en Écosse en 1956, David Mach est l'un des sculpteurs britanniques les plus représentatifs des années 80. Il se fait d'abord connaître pour ses grandes installations sculpturales dramatiques (il ne taille ni ne modelait, mais assemble des objets trouvés), et poursuit aujourd'hui sa réflexion autour de statues figuratives symboliques, ancrées dans le sentiment de la grande tradition occidentale de la sculpture.
Mach nourrit une passion particulière pour les objets de consommation du quotidien. Ses œuvres antérieures sont constituées de livres, magazines, pneus, tapis, bâches plastiques, appareils électroménagers, télévisions, voitures, animaux en céramique, meubles et allumettes, transformant des matériaux insignifiants en œuvres d'art d'une imagination extraordinaire. Depuis les années 90, il explore ces matériaux sensibles (allumettes, cintres métalliques, cartes postales peintes et photographies) pour construire inattendamment des sculptures et des peintures-images remarquables.
L'exposition présente trois nouvelles séries. La première propose des statues peintes figuratives issues de l'iconographie contemporaine populaire : Bouddha, Mao Zedong, Lénine, le boxeur Ali, Elvis Presley et Marilyn Monroe. À première vue, on croit voir des perles colorées ; en y regardant de près, on découvre qu'il s'agit d'allumettes peintes assemblées avec une technique virtuose. L'étonnement vient non seulement de la maîtrise technique, mais aussi du réalisme des images, offrant un espace d'imagination inhabituel.
Suit une statue grandeur nature d'une femme nue assise, « Sitting Woman ». Cette figure sensuelle est construite par superposition de cintres métalliques ordinaires, invisibles au quotidien. Le résultat surprend et semble contradictoire : ce n'est pas seulement une alchimie subtile, mais une prouesse technique exceptionnelle. Mach transforme habilement ces objets froids en corps et statues à couper le souffle, transmettant une sensibilité et une poésie que la sculpture traditionnelle peine à égaler.
Enfin, la dernière création de l'artiste est une nouvelle série de peintures-images par collage (2 m x 2 m), représentant le drapeau français, des portraits, des nus ou encore Paris. Ces images sont construites par superposition de cartes postales et photographies identiques. À distance, on perçoit l'image globale ; de près, on ne voit que des petites cartes peintes empilées. Cette série de collages visuels nouveaux produit un effet similaire à la sculpture, marquant le nouveau visage distinctif de David Mach.