099 Dominique Ghesquiere feuilius birch birch branches 2014
« Feuilles » feuilius, branches de bouleau 2014
099-2 Dominique Ghesquiere pierres roulees 2014 installation
Installation Rolling Stone 2014
099-3 Dominique Ghesquiere oiseau 2014 mounted starling
« Oiseau » 2014 étourneau monté

Texte et photos / Chen Chi-Hsiang Lieu : Galerie Valentin Dates : du 6 septembre au 11 octobre. Le développement de l’art contemporain est aujourd’hui extrêmement diversifié. La mise à jour constante des médias technologiques numériques élargit nos horizons et enrichit la présentation de l’art contemporain. Sous la prédominance des médias hybrides, la peinture se transforme en objet, média ou installation spatiale. Ses scènes et situations novatrices incarnent une perception visuelle et une conscience nouvelles, que la peinture ou la sculpture traditionnelles ne sauraient remplacer. En somme, quel que soit le degré d’avancement des nouveaux médias et technologies numériques actuels, l’essence de l’art reste inchangée et ne peut l’être. C’est seulement sous les apparences éclatantes de l’art que sa profondeur et sa hauteur peuvent stimuler les esprits.

La nature dans l’art est-elle une nature humaine ou une nature paysagère ? N’oublions pas que l’homme fait partie intégrante de la nature ; celle-ci est naturelle par essence. L’humain et le paysage sont les deux faces d’une même pièce ; la nature et le paysage sont tous deux le reflet de l’existence humaine. L’écrivain français Jean Louis Poinvetin écrit : « Le “paysage” est le nom que nous donnons à notre relation avec lui, à ces moments où il nous étreint si fort qu’il nous force à ouvrir les yeux pour apprendre, à cet environnement qui nous entoure et nous compose… ».

Lors de cette exposition personnelle sur les grandes tapisseries, l’artiste jeune français Doninique Ghesquiere utilise des matériaux naturels (branches, galets, oiseaux, écailles de pommes de pin) qui évoquent concrètement la nature et le paysage. Chaque matériau possède son propre contexte d’installation et son champ spatial ; face à ces scènes, le paysage naturel surgit naturellement. L’artiste propose ici deux expériences : d’abord, une compréhension directe des matériaux utilisés ; ensuite, une approche plus abstraite invitant le public à plonger dans sa mémoire profonde.

L’exposition place au cœur de son paysage trois branches de bouleau intitulées « Feuilles (2014) ». À première vue, on croit l’artiste à utiliser directement du bois mort, mais celui-ci a été subtilement retouché : des feuilles de bouleau vertes et vigoureuses ont été greffées sur les branches sèches, révélant, sous les limites naturelles de l’objet, une mutation conceptuelle des saisons et du temps. Au sol, un amas de galets gris appelant le bruit des vagues, « Roulements de pierres (2014) », montre les vagues se succédant et frappant le rivage. Sur ces galets gris aux nuances multiples, certaines lignes blanches dessinent une composition abstraite et aléatoire, invitant à méditer sur l’histoire ancienne et le sens existentiel entre les galets lisses et la mer.

Deux œuvres rappelant les musées d’histoire naturelle, « Oiseau » et « Détachement » (2014), illustrent ce propos. Le premier représente un oiseau aux ailes déployées près du mur, comme en plein vol ; le second dispose ordonnancément les écailles détachées d’une pomme de pin pour former une œuvre monochrome. Par cette attitude et ce geste, le naturel devient conscience humaine, illustrant poétiquement l’imagination de l’artiste. Enfin, « Nuages (2014) », inspiré du thème naturel, découpe en fines bandes de papier des chèques peints par des banques pour créer une installation flottante. Cette œuvre métaphorise la situation actuelle de la crise financière ; les nuages colorés reflètent les cycles naturels du climat, tandis que l’eau évaporée retombe sous forme de pluie, soulevant la question de l’état social actuel de la finance et de l’économie mondiale.