Elisaberth Ballet « Lazy Days » exposition personnelle
« Eyeliner », caoutchouc, 2008, dans la réalité et l'imagination.




Questionnant les dogmes de l'objet-sculpture, « Flicker », 2008. Exposition personnelle d'Elisaberth Ballet « Lazy Days » : du 3 avril au 31 mai à la galerie Serge le Borgne. Elisaberth Ballet (née en 1956) est l'une des sculpteuses françaises contemporaines les plus représentatives ; elle continue aujourd'hui, dans un contexte post-moderne, à interroger la possibilité et les critères d'achèvement de l'objet-sculpture, évoluant souvent aux limites et aux marges de ce médium pour développer des processus d'installation sculpturale. Depuis sa série « Beautiful Outside » en 2004, elle explore le concept de sculpture circulaire, développant une réflexion sur la fluidité spatiale et les transitions, soulignant les relations entre intérieur/extérieur et agrandissement/réduction, tout en liant questions abstraites et réelles dans le processus spirituel et matériel, rejetant ainsi une sculpture purement abstraite. Elle invite le spectateur à entrer dans une incarnation pensante et un monde imaginaire.
Le lieu de l'exposition devient source d'inspiration pour la création d'Elisaberth Ballet, faisant de l'espace le cœur de l'œuvre, combinant l'environnement spatial par des installations intellectuelles, industrielles et artisanales. L'œuvre « Eyeliner » présente un grand rouleau de caoutchouc noir plié disposé au sol, traversé par trois lignes verticales blanches géométriques évoquant une route réelle, invitant à questionner la nature de la sculpture au sein d'objets et d'images banals. Sur le mur, le mot « Concept » est écrit en néon, reflétant l'acte créatif et le processus de participation ; le concept est au cœur de la création, poussé ici vers l'abîme.
L'installation environnementale « Lazy Days » affiche le thème par écrit sur les murs blancs, avec une échelle en bois placée au centre, suggérant qu'après avoir griffonné ces mots, l'artiste a oublié de retirer l'échelle, formant une structure naturelle et accidentelle : quelle est alors la limite du réel ? L'artiste déclare : « En commençant par l'intérieur, que participe-t-il de l'extérieur que je vois, et jusqu'où ? Je peux décrire ce que je vois, mais cela ne constitue pas le concept de sculpture, car l'environnement participe également à cette réflexion sculpturale. »
« Road Movie » propose une peinture-sculpture murale originale sous forme de tourbillons colorés, composée de fils multicolores (rouge, orange, jaune, vert, bleu, noir) serpentant sur la façade et formant un vortex central soutenu par une série de colonnes blanches en dessous. Cette forme en mouvement perpétuel offre une sensation de vitesse fluide inhabituelle, illuminant un espace sensible dans l'imaginaire visuel. « Flicker » est un labyrinthe transparent qui, à travers des structures ouvertes ou fermées et des frontières purement visuelles intérieures/externes, révèle un espace extraordinaire, interrogeant les dogmes de l'objet-sculpture via des matériaux spécifiques.