Jiri Kovanda « Two Cushions » exposition personnelle
Paysages sensibles et poétiques, installations d'objets, 2008.




Devenir esthétique du désastre : c'est le romantisme de l'art. Exposition personnelle de Jiri Kovanda « Two Cushions » : du 15 mars au 17 mai à la galerie Gd agency. Jiri Kovanda (né en 1953 en Tchéquie) est l'un des artistes conceptuels les plus célèbres d'Europe de l'Est, et celui dont l'exposition parisienne actuelle est la plus poétique. De l'attitude comportementale à la performance, puis à la peinture jusqu'aux installations actuelles, il maîtrise divers domaines et médiums, transformant avec sensibilité ces derniers en situations sociales, historiques et plastiques, créant une tension novatrice dans ce monde expressionniste et expérimental. L'artiste déclare : « Je ne sais pas, car je suis autodidacte ; je ne me reconnais ni comme peintre, ni comme fabricant d'objets ou de collages, ni comme artiste conceptuel. Je préfère dire que je suis quelqu'un qui met en relation toutes choses (…) Je souhaite que l'art profite non seulement à l'artiste, mais aussi à ceux qu'il rencontre. L'artiste ne peut jamais se préparer ; il tente simplement dans certaines situations. »
Dans cette nouvelle exposition personnelle « Deux Coussins », Jiri Kovanda utilise l'espace de la galerie pour créer des situations avec des objets du quotidien accessibles, composant des scènes sensibles et poétiques où les objets s'imbriquent, construisant un récit dans un contexte littéraire et conceptuel : deux coussins mous cloués au mur par de petits clous, relevant du registre peinture-objet. L'œuvre la plus envoûtante présente une branche posée sur deux petits morceaux de chewing-gum, créant un paysage inattendu et une poésie singulière. Une longue voie ferrée traverse également le mur séparateur, aboutissant à une série de trains tombés au sol sur des coussins, évoquant manifestement un désastre ferroviaire sans précédent, dont l'esthétique du désastre forme pourtant un poème extraordinaire. L'ensemble des œuvres repose sur cet équilibre fragile, créant une atmosphère contemplative et poétique inattendue.