Julian Schnabel, « Jack grimpe la tige de haricot jusqu’au ciel de l’Illimité où tout est revenu en arrière », exposition personnelle
Julian Schnabel, Untitled, 340,4 x 480,1 cm, 1990, huile sur bâche







Texte et photos / Chen Chi-Hsiang | Dates : 19 octobre au 14 novembre | Lieu : Galerie Almine Rech, Paris
Julian Schnabel est l’un des artistes américains les plus représentatifs du mouvement Bad Painting des années 1980. Il est célèbre pour ses peintures associant des assiettes en céramique brisées à une esthétique expressionniste abstraite, s’imposant comme un maître incontesté du paysage postmoderne. Considéré comme le peintre le plus charnel et expressif depuis l’expressionnisme abstrait américain des années 1950, il provoque une émotion intense face à ses œuvres monumentales, dont la puissance formelle et chromatique semble suffoquer le spectateur. Après avoir présenté des rétrospectives dans les grands musées occidentaux dans les années 1990, il a progressément disparu des radars institutionnels pour se tourner vers le cinéma, réalisant notamment le film biographique sur le peintre Basquiat.
Vingt ans plus tard, sa récente exposition personnelle à la galerie parisienne Almine Rech propose trois grandes toiles des années 1990 et deux nouvelles œuvres. Si les anciennes se distinguent par leur retenue, leur rigueur structurelle et leur sensibilité, les nouvelles semblent avoir perdu cette fougue et cette structure lâche d’antan ; la majesté y est absente. La série en trois parties représentant un chien entouré d’une écharpe rocheuse apparaît encore plus légère et ludique, mais manque de profondeur. Face à ces tableaux, mes sensations habituelles ont disparu, me laissant méditer sur la difficulté de maintenir son art à son apogée.