Mathieu Mercier « Sans titre 1993-2007 » : exposition personnelle
Œuvre monumentale - L'agrandissement de la conversion des trombones, 2006, 420x770x400 cm

Œuvre monumentale - L'agrandissement de la conversion des trombones, 2006, 420x770x400 cm

« Structure sur chevalet 1-2 » (1999, 220x370x180 cm) emprunte aux formes modernistes et rappelle les structures verticales et parallèles de Mondrian.

Le « Cube » (1999, 70x70x70 cm), sous l'égide du minimalisme.

« Assiettes et graphiques d'assiettes » (1993, 415x543 cm), chargé de visualité. Exposition personnelle de Mathieu Mercier « Sans titre 1993-2007 » : présentée à l'ARC de la Ville de Paris du 20 octobre au 6 janvier 2008. Né en 1970, Mathieu Mercier est l'un des artistes les plus représentatifs de la jeune génération française actuelle et lauréat du prix Marcel-Duchamp en 2004. Il se distingue par ses sculptures d'objets atypiques, détournant avec ingéniosité les ready-made quotidiens ou mélangeant construction industrielle moderne et art. Il questionne les voies et fonctions symboliques des objets, ainsi que le problème même de l'objet, renversant complètement la tradition inhérente au Bauhaus. Avec une attitude sans crainte face aux objets quotidiens ou industriels, aux références de l'art d'avant-garde ou d'autres cultures, il crée sans préjugés ni présupposés. Les sculptures autonomes de Mathieu Mercier reposent sur des juxtapositions dépassées, des rencontres inappropriées et atypiques, offrant ainsi un caractère hybride novateur, toujours ancré dans un contexte précis. Le sens des œuvres se renouvelle selon leur fonction ; ses formes superposées ou sensorielles ouvrent à des lectures multiples. Cette petite rétrospective couvrant 1993 à 2007 montre comment l'artiste a dès ses débuts utilisé des éléments ready-made comme installations spatiales. Ainsi, en 1993, dans « Assiettes et graphiques d'assiettes », il exploite magistralement l'effet visuel des couleurs et graphismes des assiettes, les motifs circulaires s'étendant sur les murs comme des ondes. En 1999, « Structure sur chevalet 1-2 » évoque Mondrian ; issue de produits industriels et quotidiens, elle révèle une interprétation mécaniste sous une nouvelle composition. La même année, le « Cube » (1999), structure fonctionnelle allant du grand au petit, imprègne rythme et design architectural. Ses œuvres récentes multiplient les cas poétiques de transformation ou de mélange d'objets du quotidien : en 2005, « Sans titre » transforme atypiquement un nœud gordien en néon ; en 2006, le « Masque » aux allures étranges mêle masque africain et masque de football américain ; la même année, « Sans titre - Acier coloré » agrandit manifestement un trombone, objet de bureau. En 2007, « Homonculus », sculpture monumentale, présente un visage noir très caractérisé et des mains démesurées, empreint d'humour ironique. Entre réalité et imagination, figuration et abstraction, métaphore et signe, ces sculptures d'objets extraordinaires constituent une autre possibilité d'exploration pour l'art contemporain.