Nathalie Talec, exposition individuelle « Langue Gelée », installation originale, 2008
Traîneau blanc, 150x50x70 cm, 2008
Avant-Bateau-kanoe au néon, 250x50x60 cm, 2008 Arrière-Autoportrait aux lunettes de fer, 100x100 cm, 1986

Avant-Dialogue silencieux-installation d'objets 2003 Arrière-Série vidéoart 1981-2008 Exposition personnelle de Nathalie Talec « Langue gelée » : à partir du 25 janvier 2009 au Musée d'art contemporain du Val-de-Marne. Nathalie Talec (née en 1960) est l'une des artistes françaises les plus représentatives de notre époque. L'exposition « Langue gelée », présentée en ce hiver rigoureux, offre aux spectateurs une expérience singulière ; cette année, l'Europe a connu un froid exceptionnel, avec des paysages enneigés et glacés partout. Cette expérience physique directe du froid se reflète dans cette exposition novatrice intitulée « Langue gelée ». Nathalie Talec explore un monde austère et glacial, développant son imagination et un espace poétique dans ces terres vierges et froides. L'artiste s'identifie virtuellement à un aventurier arctique, cherchant à explorer ce monde extrême et mystérieux. Elle déclare : « Je trouve que les figures de l'explorateur polaire et de l'artiste ont beaucoup de points communs. Ils explorent des territoires inconnus, acceptent le défi de la réalité et, selon les découvertes faites dans différentes situations, tentent de développer ce qui est mystérieux et inconnu. Ils espèrent tous trouver un résultat, une forme, par un acte, une action, un objet et un rapport. »

Nathalie Talec considère que « le froid est un état abstrait : la neige en est la manifestation, légère et douce, exactement opposée à la glace ou au givre ». Elle ajoute : « Pour moi, le grand froid n'est pas une métaphore de la mort ou de l'enfer ; c'est un état fixe, une pause temporelle qui donne du temps aux objets. C'est un état de repos, un état sensoriel : il teste les frissons ou les engelures. C'est un état entre les limites – lorsque (sous la glace) il fait trop froid pour geler, un état d'absorption (il absorbe le son, l'odeur, la forme), et un état de chose, mesuré par le mercure du thermomètre. » « Lorsque nous appelons cela froid, nous choisissons le résultat de la mesure. Zéro degré Celsius (C), zéro degré Fahrenheit (F), zéro Kelvin (K) (…) Ici, je propose le zéro de mon nom de famille T, comme modèle symbolique et virtuel de la création. »

L'exposition « Langue gelée » présente deux séries d'installations dans des chambres frigorifiques, invitant le public vers un monde impitoyable où monte un frisson. Les recherches multiples de Nathalie Talec s'articulent autour de cet univers enneigé : peintures, objets, photographies, vidéos, rapports et installations environnementales. La série de photographies où l'artiste se met en scène en aventurière polaire virtuelle, vêtue d'un manteau de fourrure, portant des lunettes noires ou métalliques pour se protéger du froid, le visage écorché par le gel, prise dans cet environnement polaire glacial. Un traîneau blanc pur, un canoë néon blanc, des chaussures de neige en fer, un étrange appareil électrique chauffant illustrent clairement les objets évoquant l'aventure imaginaire dans un monde enneigé. Un rapport dédié à cet univers glacé ressemble à un témoignage direct de l'artiste revenant d'une expédition. Puis viennent les croquis graffités et les peintures géométriques issus de ces pauses dans le monde enneigé. Une installation de vidéoart présente les vidéos de performances de l'artiste sur les dix dernières années. Deux installations environnementales : l'une vide, dont les murs sont recouverts de coussins d'isolation thermique noirs, laissant suinter l'humidité due à la température, suggérant l'atmosphère glaciale ; l'autre, un plafond vert rectangulaire avec une série de néons sur les quatre côtés, offrant sous la lumière une sensation de chaleur, semblable à un espace de survie réchauffé dans un paysage enneigé. Enfin, les archives et documentaires vidéo de l'expédition réelle de l'artiste dans le cercle polaire arctique guident le public, entre virtuel et réel, imagination et poésie, métaphore et référence, dans ce monde glacial. En sortant du musée, on continue de ressentir ce frisson, non plus comme une fiction, mais comme la vérité même de « Langue gelée » de Nathalie Talec.