Olivier Mosset – Exposition personnelle « Olivier Mosset »
Olivier Mosset, Untitled-Blue 2017, 240x600 cm, acrylique sur toile. Image issue du site web de la galerie VnH.





Par Chen Chi-Hsiang | Dates : 9 mai au 16 juin | Lieu : Galerie VnH
« L’objet dans lequel on ne voit rien »
L’artiste suisse Olivier Mosset (né en 1944) est membre fondateur du groupe BMPT français des années soixante-dix et un vétéran de la peinture abstraite de champs colorés. Ils ont radicalement rompu avec la peinture traditionnelle, rejetant toute sensibilité personnelle, subjectivité et illusion pour explorer l’autonomie conceptuelle de la peinture dans une neutralité absolue et objectivité. Dans cette « peinture à zéro degré », chacun utilise ses propres outils visuels. Jusqu’en 1971, Mosset a répété et pratiqué le dessin d’un cercle noir au centre d’une toile blanche de 1,4 mètre carré, explorant les limites extrêmes de la peinture ; ce cercle simplifié à son minimum est devenu le vocabulaire pictural et la marque identitaire les plus remarquables de Mosset.
Après la dissolution du groupe, Mosset a libéré les tabous de ses outils visuels. En 1976, la peintre Marcia Hafif a fondé un groupe de peinture radicale ; l’année suivante, il s’est rendu à New York, de l’autre côté de l’Atlantique, pour développer un nouvel espace. Il a ouvert largement le champ vers une nouvelle abstraction géométrique de champs colorés, créant des peintures monochromes (rouge, orange, rose, vert). La toile est devenue un champ d’énergie chromatique, la couleur devenant l’essence même de sa peinture.
Dans les années quatre-vingt, il a atteint un domaine chromatique où les couleurs plates sans traces de pinceau sont juxtaposées deux par deux de même taille pour former une abstraction géométrique de champs colorés. Des contrastes forts (comme le jaune et le bleu) construisent un champ d’énergie chromatique et un espace statique suggérant le mouvement, invitant le spectateur à entrer dans un monde de méditation silencieuse. La méthode de superposition de deux couleurs sur la toile de Mosset, structurée par des combinaisons géométriques rigoureuses et fondamentales, a fait de lui un précurseur de la nouvelle abstraction géométrique ou de la géométrie abstraite occidentale des années quatre-vingt, exerçant une influence profonde sur la nouvelle abstraction géométrique de Genève, en Suisse.
Cette exposition personnelle parisienne d’Olivier Mosset, intitulée « Olivier Mosset », présente une série d’abstractions géométriques de champs colorés qui laissent une impression durable. Sur des toiles sans aucune trace de pinceau, des couleurs éclatantes se reflètent mutuellement. Deux grandes œuvres sont constituées de cinq tableaux de 120x240 cm : trois blancs disposent deux panneaux verticaux (bleu ou rouge) entre eux, tandis que deux autres tableaux de 120x240 cm forment des compositions carrées : violet lumineux et vert émeraude, noir et violet profond, orange et brun, jaune et blanc, ou blanc et blanc, etc. Parfois chaleureuses et élégantes, elles dissimulent certaines émotions et perceptions.
Contrairement aux titres anonymes du passé, ces œuvres portent des titres ludiques comme Sun City et Codillac Hotel. Que vend-on ici ? Pour cette peinture utilisant uniquement le champ coloré comme médium, si l’on cherche quelque chose de concret dans la couleur ou le titre, il vaut mieux ressentir intuitivement l’énergie du champ chromatique et ses subtilités. Selon l’artiste, une bonne peinture est cet objet « dans lequel on ne voit rien ». Il n’est donc pas nécessaire de perdre du temps à errer autour de ces références chromatiques et titres indiscutables. (Référence : communiqué de presse de l’exposition « Olivier Mosset »)