Peter Saul, exposition personnelle « L’Américain laid »
Humour de Worse than Van Gogh 110x100cm acrylique 2009



Autoportrait auto-dérisoire androgyne 72x102inches acrylique 2006. Exposition personnelle de Peter Saul « L’Américain laid » : du 10 octobre au 7 novembre à la galerie Praz-Delavallade. Né en 1934, Peter Saul est l’un des artistes américains contemporains les plus dynamiques et originaux (de la génération aînée), ainsi qu’un précurseur de ce qu’on appelle aujourd’hui l’art cartoon. Considéré comme un représentant emblématique du pop art américain des années 60, il produit avec une vigueur renouvelée des œuvres qui, bien que s’appuyant sur le pop art par l’appropriation et l’usage massif d’images médiatiques, vont au-delà de ce mouvement. Il développe un humour pervers et des références provocantes, créant un vocabulaire artistique acide, extrême, au mauvais goût assumé, plus populaire, humoristique, satirique, déroutant, contre-culturel et critique que tout autre pop art.
Au cours de ces quarante dernières années passionnées, Peter Saul continue d’approfondir sa peinture cartoon unique, réinterprétant les chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art tout en développant son point de vue historique singulier. Une vision radicale non pas fondée sur le sentiment grandiose de l’histoire, mais obtenue via les reflets de la culture populaire contemporaine. L’artiste reflète l’histoire dans sa vérité principale : un mélange dramatique de peur et de romance, profondément allégorique, laissant le spectateur entre rire et pleurs. Ses récits, parfois humoristiques, parfois obscènes, riches en sous-entendus, utilisent divers événements historiques, l’histoire de l’art ou des mythes déroutants pour exposer le mal, la décadence, l’avidité, l’anorexie, l’orgueil, la paresse et l’agressivité de l’Américain arrogant, jusqu’à susciter la haine du monde.
Les tableaux de Peter Saul s’appuient dans leur structure principale sur l’organisation complexe de la peinture classique, des thèmes expansifs, des images cartoon exagérées, des couleurs déplaisantes, une planéité parfois renforcée par du texte narratif. Mais lorsqu’il aborde les chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art, il agit comme un dessinateur de bande dessinée, détournant avec humour et ironie les images pour les transformer en cartoons, faisant de l’art un outil à la fois divertissant et critique.
Le critique Michael Duncan écrit à propos des œuvres de Saul : « Il a développé un style unique dédié à l’utopie d’une « bande dessinée muséale » inversant toutes les méthodes idéalisées. À travers sa méthode distinctive, il expose les contradictions de la culture américaine, la dialectique du bien et du mal, et les intentions sournoises ; cela illustre peut-être le mieux notre époque (de George W. Bush) et fournit plus clairement encore une documentation sur le déclin de l’empire américain. »