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Scène de graffiti sur les murs de Paris
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Artiste en train de créer un graffiti sur un mur
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Portrait d'un jeune artiste graffeur parisien

Par Chen Chi-Hsiang. Vivre à Paris fait de la promenade une habitude quotidienne : qu’on ait du temps ou non, on cherche toujours à sortir se balader. Si l’emploi du temps est chargé, on se contente de tourner autour de chez soi. L’itinéraire préféré et le plus fréquent relie bien sûr la Bibliothèque nationale de France (Mitterrand) au parc de Bercy, avec un détour par le village artistique des Entrepôts d’Ivry et le nouveau campus universitaire. À chaque passage, je m’arrête curieusement aux Entrepôts d’Ivry ; j’aime traîner dans cet espace libre aux murs couverts de graffitis. Les œuvres y sont constamment renouvelées, et les nouvelles créations singulières ne manquent jamais d’attirer mon regard. Ces rencontres sont rares et précieuses.

Aujourd’hui, ces graffitis libres deviennent difficiles à trouver, marginalisés par les opérations de rénovation urbaine qui remplacent les espaces libres par des façades uniformes et blanches. Cette esthétique ordonnée est séduisante, mais elle appauvrit l’inspiration et l’énergie vitale de la ville. La beauté spontanée du graffiti offre aux citadins des moments de surprise et d’émotion. Une métropole civilisée a besoin d’une énergie sauvage pour éviter que son esthétique ne devienne étouffante. C’est pourquoi, ces dernières années, le 13e arrondissement de Paris a vu augmenter les grandes fresques murales commandées à des artistes internationaux, transformant ainsi le paysage urbain banal.

Repérer les graffitis parisiens demande désormais de chercher spécifiquement en périphérie, car les opportunités de « taguer » illégalement diminuent avec la rénovation urbaine. Il reste parfois des chances dans certains chantiers, mais croiser une scène de création live devient de plus en plus rare. Pourtant, pendant les vacances d’été, après un pique-nique familial au nord de Paris, nous nous sommes promenés le long du canal Saint-Martin. Le bord du canal, agréable à regarder, était charmant. Arrivés à un carrefour triangulaire, nous avons découvert un grand mur face au canal où deux jeunes artistes de graffiti, en pleine action, travaillaient rapidement sur une ancienne œuvre. Presque achevée, la fresque faisait l’objet d’interviews et de photographies. Remplie d’énergie, elle présentait l’autopportrait d’une artiste femme, portant des lunettes et d’allure distinguée, un chien aux couleurs vives et des lignes colorées en mouvement, libérant la vitalité et l’imaginaire de la jeunesse.

Être témoin direct de cette scène de graffiti parisien fut excitant. J’ai pris des photos pour conserver ce moment rare. Le « tagger » est déjà une expérience intense, et capturer l’instant ne fait pas exception. La sensation d’être sur place est inoubliable. Voir en personne la performance live des artistes de graffiti procure une satisfaction totale et une joie immense. La promenade n’offre pas seulement des rencontres imprévues, c’est aussi une activité bénéfique pour le corps et l’esprit.