(G.) Ségolène Royal (PS) obtient 25,74 %, image issue de segoleneroyal2007.net. (D.) Nicolas Sarkozy (UMP) mène largement avec 31,06 %, image issue de sarkozy2007.forumactif.com. Le ministère français de l'Intérieur a enfin dévoilé les résultats du premier tour de l'élection présidentielle ; l'échec de 2002 ne s'est pas reproduit : Nicolas Sarkozy (UMP) arrive en tête avec 31,06 %, le score le plus élevé pour un premier tour sous la Ve République. Ségolène Royal (PS) la suit de près avec 25,74 %. Cette configuration rétablit le duel traditionnel gauche-droite. François Bayrou (UDF) obtient 18,54 %, soit trois fois plus qu'en 2002, un record historique pour l'UDF sous la Ve République, faisant de lui un acteur clé susceptible d'influencer le second tour. Les deux camps doivent donc séduire ou flatter les électeurs du centre.

Jean-Marie Le Pen (FN) recueille seulement 10,58 %, une défaite comparable à Waterloo, perdant près de sept points de voix, ce qui est inimaginable. Sarkozy ayant réussi à conquérir l'électorat extrême droit (notamment sur les questions d'identité nationale et d'immigration), Le Pen voit ses chances s'évanouir définitivement (il aura 78 ans dans cinq ans). Parmi les candidats d'extrême gauche, Olivier Besancenot (LCR), facteur de profession, obtient 4,13 %, un résultat exceptionnel attirant de nombreux jeunes électeurs. Philippe de Villiers (MPF) atteint 2,27 %. Marie-George Buffet (PCF) n'obtient que 1,94 %, marquant un creux historique pour le Parti communiste. Dominique Voynet (Les Verts) fait 1,57 %, Arlette Laguiller (LO) 1,35 %, José Bové (anti-libéral) 1,32 %, Frédéric Nihous (CPNT) 1,18 % et Gérard Schivardi (PT) 0,34 %. Les votes blancs et nuls représentent 15,40 %.

Tous les petits candidats de gauche ont déclaré soutenir Ségolène Royal au second tour. Aucun candidat de l'extrême droite (FN et MPF) ne soutient Nicolas Sarkozy. François Bayrou (UDF) espère orienter son choix vers la gauche ou la droite, décision qu'il annoncera mercredi prochain. Selon les sondages finaux, proches de la réalité, Nicolas Sarkozy mène largement dans tous les instituts, confirmant le duel gauche-droite entre Sarkozy et Royal. La percée de Bayrou et la chute de la cote de Le Pen sont actées.

Le taux d'inscription des électeurs en France a augmenté de 4,2 % par rapport à 2002, suggérant une prise de conscience nationale de l'importance de cette élection. L'affluence au premier tour a été exceptionnelle, atteignant 85 %, un record sous la Ve République. Des files d'attente interminables et des prolongations des horaires de vote témoignent de l'intérêt des Français pour la politique et l'avenir du pays.

Nicolas Sarkozy, entrant en lice pour le second tour, a prononcé un discours confiant devant plus de 2 000 supporters enthousiastes criant « Président Nicolas » et face à 600 journalistes internationaux. Il a déclaré : « Les Français ont clairement exprimé leur souhait que je les représente... Ma victoire au premier tour place Ségolène Royal en seconde position. Les Français ont insisté sur un débat complet entre deux visions de l'État, deux projets sociaux, deux systèmes de valeurs et deux conceptions politiques... Je veux défendre les inquiétudes des Français ordinaires et unir le peuple français autour d'un nouveau rêve français coloré et d'une République égalitaire... ».

Ségolène Royal, après avoir reçu les résultats, a remercié ses électeurs à Melle, affirmant : « Ouvrons ces quinze jours de nouvelle campagne ; la France choisira son avenir et son visage... Je ferai applaudir une République respectée, créant une France optimiste, protectrice, égale et fière... Je transformerai la France sans brutalité, mettrai fin à l'insécurité et à l'instabilité, et éradiquerai toute forme de violence. Je refuse toutes les formes de peur... Je suis une femme libre, sans liens d'intérêt, appelant le peuple à faire un choix audacieux et calme au second tour, promettant un avenir lumineux à la France. Il est non seulement nécessaire mais urgent de sortir du système politique obsolète... Vous m'avez transmis l'opinion majoritaire ; je me battrai avec elle pour changer et redresser la France ! ».

François Bayrou, déçu mais satisfait, a déclaré joyeusement lors de ses remerciements : « J'ai une bonne nouvelle : la scène politique française va changer dès ce soir, comme avant... La France a enfin une position centrale... ». L'indépendance du centre par rapport à la droite dépendra de la ligne politique de son leader. Jean-Marie Le Pen, abattu, a déclaré : « Nous avons gagné idéologiquement... Les Français préfèrent le changement de surface à la vraie réforme ».

L'élection présidentielle de 2007 n'est pas seulement un duel gauche-droite, mais aussi une course à la présidence entre homme et femme, attirant l'attention mondiale et européenne. Le destin politique et social de la France se jouera le 6 mai. Une nouvelle révolution se dessine ; si les électeurs sont avisés, une présidente n'est pas impossible, constituant un défi majeur pour le machisme politique et social. Il ne s'agit pas de féminisme radical, mais d'une possibilité d'égalité des sexes. Selon les derniers sondages, Sarkozy (UMP) mène avec 53 % contre 47 % pour Royal (PS). Personne ne sous-estime ce duel passionnant. Les deux candidats engagent désormais une bataille décisive sur deux semaines.