Li Mingze - J'aime Taïwan, j'aime encore plus le Sud
Chernobyl 117x91cm 1992 Acrylique Toile













Textes et photos / Chen Chi-Hsiang
« Je peins l'endroit où je vis, ainsi que les événements passés » (Note 1)
Préface : Le climat actuel de l'art globalisé trouve ses racines dans la libération postmoderne de la seconde moitié du XXe siècle, qui a vu un retour aux traditions, à l'histoire et aux mythes culturels propres à chacun. Les nouvelles générations ont déconstruit la modernité à partir des sous-cultures, faisant de ce mouvement une discipline majeure. L'art révèle alors une expression riche, expressive, instinctive, anecdotique et littéraire. Dans un contexte globalisé, la « différence » locale devient une singularité distinctive et une valeur substantielle. Après la prise de conscience engendrée par le mouvement indigène des années 1970, la levée de la loi martiale à Taïwan a apporté une nouvelle vitalité artistique et fait émerger une énergie native locale. L'identité est devenue le sujet central de l'art taïwanais de la génération précédente. En exaltant l'essence « taïwanaise », on touche les nerfs et l'âme de la terre des Taïwanais, comme l'ont fait les pionniers de l'esthétique taïwanaise Huang Jinhe ou le chevalier insulaire Li Junxian.
Li Mingze témoigne de son identité à travers son expérience de vie insulaire, mêlant sous-cultures (images de bandes dessinées, art folklorique et populaire). Prenant pour source vive les thèmes du peuple ordinaire, il raconte des histoires locales riches en évoquant des mythes parcourus par l'esprit. Il appelle à l'esprit historique lointain, marqué par les vicissitudes et l'amertume de la terre. Le peintre déclare : « L'enfant que j'étais, amoureux des contes mythologiques, reste aujourd'hui la source d'imagination de ma peinture. Le monde réel est comme les lignes de la main, entrelacées et transversales ; lorsque cette émotion se transforme en image, mon cœur ressent toujours passion et étonnement… » (Note 2). Li Yiyuan écrit : « Le « mythe » est l'histoire de l'esprit humain ; le « mythe » est circulaire, il est le refuge de la vie et de l'esprit (…) La position clé occupée par le mythe dans la transmission et la création des valeurs culturelles et cognitives d'une nation. Une nation dépourvue de mythes ressemble à un individu incapable de rêver, qui finira par flétrir et mourir faute de créativité » (Note 3). Li Mingze tente d'explorer les fondements et les aspects uniques de la culture populaire