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« Peindre » comme alchimie de son propre existence
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Partout, pendant la Coupe d'Europe de football, l'ambiance était semblable à celle d'un carnaval
葡萄牙成為第十個捧起德勞內杯的國家 這也是葡萄牙隊史上首座大賽獎盃。(Lars BaronGetty Images)
Le Portugal est devenu le dixième pays à soulever la Coupe d'Europe de football, remportant ainsi son premier trophée majeur de l'histoire de l'équipe. (Photo : Lars Baron/Getty Images)

Texte et photos / Chen Chi-Hsiang À Paris, dès qu’il a du temps, il se réfugie dans le jardin secret de sa création pour continuer à étendre la série « Miroir », traversant les surfaces réfléchies pour entrer dans l’univers pictural et dialoguer avec le présent. La peinture devient l’alchimie de son existence. Ces dernières années, il choisit délibérément des portraits formés de multiples fragments cristallins, défiant sa propre volonté. Cela exige calme, minutie, concentration et patience, plongeant dans une contemplation silencieuse où la peinture demande force physique et endurance. Il ne peint pas pour une cause précise ; il suit le rythme de la vie, peignant un peu chaque jour quand il en a le temps. L’avancement est lent, sans hâte ni désir d’exposition immédiate. Peu importe si le travail lent donne des résultats fins ; l’essentiel est de jouir du processus créatif.

Depuis mi-juin, la Coupe d’Europe de football, qui n’a lieu que tous les quatre ans, se déroule en France. Bien que je ne sois pas un fanatique du sport et que ma passion pour le football ne soit pas démesurée, j’apprécie grandement l’art du jeu : la confrontation de nombreuses étoiles sur ce terrain européen est fascinante, semblable à l’art lui-même. La coïncidence entre la peinture et le match de football était inévitable. Durant cette période, je peinais intensément toute la journée, avec plaisir et légèreté. Après le dîner, je m’asseyais devant la télévision pour regarder un match captivant, un bonheur pur.

Le climat social français cette année est étrange, imprégné d’une certaine insécurité : ombre des attentats, manifestations contre les réformes du travail, grèves, etc. Lors de la Coupe d’Europe, face aux risques sécuritaires et aux grèves, la France se retrouvait dans une situation difficile. Pourtant, dès le coup d’envoi, le regard social s’est concentré sur le football, transformant l’événement en une sorte de carnaval. Les rues, les places et les balcons arboraient fièrement les drapeaux des nations européennes. Cafés, bars et restaurants accueillaient les clients devant de grands écrans, rassemblant foule et enthousiasme. Le mécontentement social fut submergé par l’euphorie collective, tout le monde ne parlant que de football, plaçant ses espoirs dans l’équipe de France.

La chance sourit aux Français. Malgré les pronostics défavorables, l’équipe nationale a successivement dominé l’Albanie et l’Irlande, portant la nation au comble de l’excitation. Profitant de cet élan, les hôtes ont affronté l’Allemagne, considérée comme la plus forte d’Europe, lors des demi-finales, remportant une victoire éclatante pour accéder hautement à la finale. Pleins d’espoir, ils ont attendu le Portugal. Le duel fut intense, marqué par des moments forts jusqu’à la fin du temps réglementaire, se soldant par un score nul de 5-5. En prolongations, le Portugal a finalement battu la France 1-0 pour remporter le titre, anéantissant ainsi le rêve des hôtes.

Gagner ou perdre est chose normale. Le football permet d’oublier momentanément tout souci, redonne courage et offre de beaux moments partagés. La sécurité a été assurée avec succès pendant la Coupe d’Europe, permettant à la société française de souffler enfin et d’ouvrir les vacances d’été.