Le Bureau de représentation de Taïwan en France organise l’événement « L’art se retrouve »
La dessinatrice Lin Li-jing présente ses œuvres en dialecte taïwanais. Photo issue du Facebook de Chia-Fang Yu.







Texte et photos / Chen Chi-Hsiang. Paris, ville d’art et d’humanités, est un havre de douceur où ces domaines convergent. L’art et la culture constituent aujourd’hui l’une des énergies diplomatiques les plus puissantes de Taïwan. Au-delà de son statut d’île technologique, ce qui rend Taïwan le plus fier est sans doute sa force douce : seule l’art et la culture permettent au monde de voir et de ressentir la voix intérieure de Taïwan, nulle autre voie n’étant possible. Dans la situation difficile actuelle de la diplomatie taïwanaise, seul l’art et la culture peuvent s’en faire l’écho, permettant au monde de comprendre les valeurs universelles de Taïwan ainsi que son unicité.
Le Bureau de représentation de Taïwan en France a organisé cette année la deuxième édition de l’événement « L’art se retrouve ». En ce jour particulier de la Fête des bateaux-dragons, il était précieux de voir réunis artistes taïwanais de toutes générations (peintres, dessinateurs, artistes plasticiens, céramistes, musiciens, compositeurs, commissaires d’exposition, créateurs de mode, critiques d’art et artistes de la scène, entre autres) pour échanger. Les artistes de la jeune génération ont présenté leurs créations et leur démarche via des diaporamas : Chen Mei-chin, Lin Li-jing, Huang Ching-hua, Wu Yu-pei, Yu Chia-fang, Hong Li-fen, Song Xue-zheng, Wang Ya-ping, Tian Wen, Li Zhi-jin, etc. La soirée s’est conclue par une performance live de trois musiciens, suivie d’un moment de libre échange lors d’un dîner, durant lequel on a même pu déguster des zongzi.
Au travers des présentations variées de ces jeunes artistes, j’ai ressenti qu’plus on s’éloigne de sa patrie, plus le sentiment d’appartenance à celle-ci devient profond. Les angoisses liées aux incertitudes futures de Taïwan se reflètent, de manière visible ou invisible, dans leurs œuvres. J’y ai perçu la passion créative des artistes, ainsi que leur observation et leur attention sensibles envers le monde qui les entoure et leur patrie. Il est rare de pouvoir, depuis Paris, entrevoir cette nouvelle énergie de l’art taïwanais.
Par ailleurs, ce qui m’a le plus marqué, c’est la participation chaleureuse des couples de peintres taïwanais résidant à Paris, tels Peng Wan-chi, Chen Ying-de, He Sheng-bang et Hong Jun-he, ainsi que d’autres artistes, connus ou inconnus, venus de loin : Liu Zi-ming, Liu Xiang-lan, Su Wen-yu et Zheng Pei-ling, entre autres. J’ai eu le privilège de rencontrer Lin Qiu-fang, un peintre de Yilan de passage à Paris pour une exposition, ainsi que Fred Chih-Chia Chung, un Taïwanais travaillant au Musée du quai Branly à Paris.
La force et la valeur en attente de la culture et des arts taïwanais ne manqueront pas de surprendre le monde. Chaque artiste est un phare pour Taïwan ; ensemble, ils rassemblent leur énergie pour illuminer le pays. Dans cette perspective, nous devons réfléchir profondément à la manière de déployer notre propre énergie avec plus d’efficacité.