Performance de funambule de l'Orchestre de Chambre de Paris et Tatiana-Mosio Bobgonga à travers les collines de Montmartre
Défilé aérien à trente-cinq mètres de hauteur
Sans aucune ceinture de sécurité, avançant d'un pas léger et mesuré
Adoptant des postures corporelles au gré des mélopées et du rythme musical : grand écart
Grand écart en suspension inversée
Ramper en position inversée
Se déplacer suspendu
Telle une petite oiselle légère posée sur le fil, contrastant avec la Blanche Église
Spectacle de funambule sur les majestueuses collines de Montmartre

Par Chen Chi-Hsiang. La créativité est la valeur suprême de chaque culture. La créativité omniprésente de la France, leader des tendances, offre à la ville lumière une ressource touristique fascinante ; Paris reste la métropole la plus visitée au monde. Chaque été parisien propose ses spectacles uniques, offrant aux yeux des merveilles ininterrompues (le carnaval d'été parisien inclut musique, danse, théâtre, cirque, etc.), sans oublier les plages estivales qui multiplient les activités récréatives pour les habitants restés sur place.

On se souvient du spectacle l'an dernier où l'Orchestre symphonique de Paris dialoguait avec un bâtiment ; cette année, il accompagne Tatiana-Mosio Bobgonga dans sa performance d'équilibriste sur fil tendu à travers Montmartre. Artiste rare maîtrisant parfaitement cet art aérien sans harnais, elle a attiré des milliers de spectateurs lors de cette représentation unique et inédite du 21 juillet. La colline s'est remplie de foules assises ou allongées sur l'herbe, le regard tourné vers ce numéro aérien époustouflant.

Le spectacle se déroulait devant le Sacré-Cœur, point culminant offrant une vue panoramique sur Paris. L'orchestre jouait sur une plateforme tandis qu'un fil de trente-cinq mètres de haut reliait la base de la colline à celle-ci, sur près de cent mètres. Sous les rythmes légers et mélodies envoûtantes de l'orchestre, la funambule, vêtue de cuir et chaussée de bottines, a entamé sa traversée depuis la plateforme inférieure. Sans aucun harnais, concentrée, elle avançait pas à pas, adaptant ses mouvements aux variations musicales : flexions, écarts, saltos, rotations, suspensions, pendaison, réalisant une chorégraphie corporelle d'une grande beauté. Le public, fasciné et le souffle coupé, en oubliait presque la musique.

Inconsciemment, elle a survolé les têtes, marchant lentement vers le Sacré-Cœur, semblable à un oiseau léger face à la basilique blanche, traversant la colline jusqu'à la plateforme supérieure durant quarante minutes. Soudain, les applaudissements, les cris et les acclamations ont envahi Montmartre, clôturant en apothéose l'été parisien.

La rencontre entre l'orchestre symphonique et la funambule aérienne est indescriptible. Le regard et le cœur du public étaient captivés par la performeuse. Si l'on me demande quel répertoire l'orchestre a joué, je ne saurais répondre ; la musique semble avoir disparu, le temps aussi. Dans cette fusion totale entre sujet et objet, je sais seulement que j'ai vécu un moment magnifique.