« Lumière Infinie » en hommage au peintre Li Yu-yuan : carte d'invitation à l'exposition
Adieu 2009 150×150cm huile sur toile
Dialogue des prêtres 2004 30f huile sur toile
Guerrier dans le rituel 2004 20f huile sur toile
Affrontement des prêtres 2008 20f huile sur toile
Les saisons de l'extérieur, chapitre II (4) Cinq tribus (Aya) 2013 60×50cm médium mixte sur toile
Voix de la montagne 2016 20F médium mixte sur toile

Texte et photos / Chen Chi-Hsiang. Dates de l'exposition : du 14 novembre au 2 décembre. Lieu : quatrième étage du Centre culturel de la ville de Chiayi. Vernissage : le 17 novembre à 10 h 30. Commissaire : Chen Chi-Hsiang, critique d'art international basé en France.

« La mort est comme un concept esthétique, une partie inhérente à la vie. » — James Lee Byars, artiste.

En regardant l'horizon, cette lumière infinie, notre cher ami peintre Li Yu-Yuan s'est transformé en une lueur céleste. En ce jour spécial anniversaire, nous lui rendons ici le plus grand hommage par « Lumière infinie ». Le corps est un voyageur dans l'espace-temps ; l'art devient une lumière sans fin qui éclaire le monde et continue d'apaiser les êtres existants. Nous vous remercions sincèrement, « vous », car grâce à l'art, vous continuez de dialoguer avec nous. Chaque fois que nous pensons à vous ou contemplons vos toiles, nous sommes ensemble. La vie artistique est une lumière infinie, jusqu'à l'éternité des éternités.

Li Yu-Yuan est le peintre le plus profond de sa génération. Sa peinture est l'alchimie de la vie, des œuvres qui résonnent avec l'âme, témoignent de son existence personnelle, touchent les nerfs des spectateurs et possèdent une pureté et une vérité rares pour son époque. Ses créations naissent d'un appel intérieur et d'un cri venu des profondeurs de l'âme, ouvrant une lucarne sur le dialogue de son existence. Son expression est entièrement issue de ses expériences de vie personnelles et de sa conscience intérieure profonde, où il se découvre lui-même lors du processus créatif. Li Yu-Yuan écrit : « L'artiste se représente en représentant les autres, et s'aime en aimant les autres. » La création artistique transmet en réalité les émotions et les orientations de pensée du créateur ; elle peut être autobiographique, ou laisser libre cours aux contradictions et aux désirs dans le conflit, utilisant l'œuvre pour mener une introspection dans l'état réel (Note 1). Toutes les créations de Yu-Yuan sont fidèles à ses sentiments intérieurs. Comme l'a dit avec justesse l'écrivain spirituel Richard Rohr : « Nous ne voyons pas les choses telles qu'elles sont, nous voyons ce que nous sommes nous-mêmes » (Note 2).

La peinture de Li Yu-Yuan a pour fondement l'« humanité ». De l'existence réelle à l'« existence de l'existence », son travail explore le théâtre du corps et de l'âme, marqué par l'impermanence et les transformations illusionnistes du monde humain. Des scènes de groupe aux visages multiples, jusqu'à la perception de l'essence véritable du moi, sous une expressivité guidée par l'instinct sensible, les « scènes humaines » de ses tableaux sont bouleversantes, cris de détresse, récits de destins difficiles, misère et pauvreté, ainsi que représentations mondaines de plaisirs sensuels. Dans le courant néo-expressionniste postmoderne, ses œuvres mêlent sensibilité, dimension littéraire, narration et symbolisme. Certains disent que ses tableaux ne montrent que des « personnes », sans « paysages », et seulement des « personnes », sans « émotions ». Pourtant, face aux grandes souffrances de cet enfer terrestre et à l'agitation physique et mentale, l'homme devient le panorama total, l'émotion totale, et incarne toutes les pièces de la comédie humaine. En plongeant au cœur de l'humain, Li Yu-Yuan exprime dramatiquement sa profonde observation de la nature humaine, ainsi que les aspects les plus émouvants de son expérience et de son âme : la mort, la douleur, la solitude, le désespoir, la cruauté, la fragilité de la vie humaine, mais aussi sa résilience et les joies et peines de la naissance et de la mort. À travers la souffrance humaine et les ombres de soi, il aperçoit la véritable apparence de sa propre vie, expérimente l'impossible dans la vie, et, par la transformation et l'élévation artistiques, pénètre dans les mystères de l'existence.

Yu-Yuan exprime toujours une observation profonde de la nature humaine. Son univers créatif évolue avec son état d'esprit. En 2006, ayant surmonté le tragédisme de sa vie, il goûte enfin au bonheur après l'amertume ; sous l'influence nourricière de l'amour, ses sentiments vrais jaillissent. La série « Engagement et soutien » illustre la dépendance mutuelle et la complicité conjugale à travers des figures doubles. Des formes organiques remodelent des corps complexes, tandis que des courbes fluides, déformées et tordues, créent des structures vivantes et changeantes. Cette série s'étend jusqu'en 2010. Puis vient une autre série chaleureuse et tendre, « Comme l'eau », composée de trois panneaux (2009). Guidée par la force de l'amour, elle retourne à l'essence de l'« amour » dans l'existence, révélant des corps féminins chaleureux (aplatis et traités par plans de couleur), des lignes douces et des contrastes entre palettes chaudes et froides, suscitant une tendresse et une chaleur inégalées. Ensuite, les séries « Confession », « Secret » et « Silence – Réflexion » (2010) mettent l'accent sur la sculpturalisation du corps unique, visant à montrer sa volonté d'exister ainsi que ses émotions riches et ses sentiments profonds. Plus tard, la série « Qui = Vérité » (2016) interroge les doutes sur l'existence humaine. Le peintre note : « La vie est amusante, mais aussi très difficile. Nous ignorons toujours quelles leçons la vie veut nous donner » (Note 3).

Un autre mouvement de la création de Yu-Yuan concerne les paysages et les images naturelles. Bien qu'ils semblent abstraits, ils se révèlent concrets et figuratifs sous un examen attentif, continuant d'entrelacer les marques profondes et insoutenables de sa vie. Les paysages tribaux, ineffaçables, rappellent ses amis autochtones perdus lors de catastrophes naturelles, leur terre natale. Dès la série « Chapitre I des saisons dehors la porte » (2004-2005), puis, avec une clarté soudaine, « Chapitre II des saisons dehors la porte » (2013-2015), il apparaît clairement que l'extérieur de la porte existe hors du temps. Les saisons deviennent la mémoire du temps. Ainsi, « Ouvrons cette porte dans notre cœur, laissez entrer la lumière du jour », ces saisons intemporelles deviendront des monuments à la terre natale. Avec la série « Sons de la montagne » (2014-2016), devenue mûre et pure, le peintre libère son corps et son esprit, ouvre les portes vers les couches profondes de sa conscience extérieure, écoute les sons venant de la montagne et, dans une illumination soudaine, aperçoit les paysages de l'existence. Il rend hommage aux souffrances de cette terre taïwanaise, à la fois à la beauté et à l'indignité de la vie. Grâce à une structure rigoureuse, des formes subjectives et un style pictural sensible, il combine poétiquement des couleurs vives et variées avec des lignes expressives, manifestant pleinement ses émotions et consciences riches, illustrant ainsi l'image de l'élévation de la vie du peintre.

Réflexion du peintre sur sa propre existence : « La nuit est si silencieuse, je réfléchis. La lune est si lumineuse, je réfléchis. Le monde est si agité, je réfléchis. Le monde des humains est si bruyant, je réfléchis. Sans m'en rendre compte, l'aube se lève, mes tempes sont couvertes de cheveux blancs. Je n'ai cessé de penser, comment rendre ce monde plus beau ? Je pense vraiment, encore et toujours. Un jour, j'ai soudain découvert que mon corps était déjà flétri » (Note 4).

Notes :

  1. Album d'huiles de Li Yu-Yuan Vol. 1 : Impressions – Figures de groupe, publié en 2006.
  2. Lâcher prise sur les dualités, rencontrer la joie intérieure, p. 124, par Richard Rohr, traduit par Wang Shu-Mei, éditions Qishi, 2012.
  3. Extrait de l'autodescription des œuvres de Li Yu-Yuan.
  4. Extrait de l'autodescription des œuvres de Li Yu-Yuan.

Paris, le 4 octobre 2018