La « Joconde » du musée du Louvre déménage temporairement
Le musée du Louvre à Paris a temporairement déplacé la « Joconde ».






Texte et photos / Chen Chi-Hsiang – Paris, surnommée la Cité des Fleurs, est un lieu de gloire mondiale. Pour tout voyageur, le musée du Louvre constitue une étape incontournable, véritable usine onirique sans cheminées, source de fierté nationale française. Avec ses collections riches et variées, il accueille aujourd’hui le plus grand nombre de visiteurs au monde, attirant chaque jour une foule immense aussi animée qu’un marché populaire. Lorsque l’on évoque le Louvre, on pense immédiatement à la Joconde, œuvre mondialement célèbre qui symbolise le musée et incarne un chapitre légendaire de l’histoire de la peinture occidentale. Chaque jour, des milliers d’admirateurs venus des quatre coins du globe viennent contempler ce sourire éternel, ritualisant ainsi leur visite au Louvre.
Pour les touristes ordinaires, le Louvre possède trois trésors majeurs : tout d’abord, la Joconde peinte par Léonard de Vinci, chargée d’un charme mystérieux ; ensuite, la Vénus de Milo ; et enfin, la Victoire ailée de Samothrace (ces trois chefs-d’œuvre se trouvent dans l’aile Denon, expliquant pourquoi cet espace est constamment bondé, les visiteurs s’entassant devant ces œuvres pour admirer les plus belles créations artistiques humaines). Bien que ces trois pièces soient souvent considérées comme acquises par les voyageurs internationaux, ils tiennent tous à voir de leurs propres yeux ces joyaux de l’art mondial. Quant aux amateurs ou néophytes en art, l’ensemble du musée regorge de splendeurs reflétant la civilisation humaine.
Cette année marque le 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci, génie artistique, scientifique, architecte, ingénieur et érudit parmi les trois maîtres de la Renaissance, connu pour sa mystérieuse sagesse. Une exposition commémorative intitulée « Exposition du 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci » se tiendra fin octobre (du 24 octobre 2019 au 24 février 2020). Le Louvre a entrepris dès cette année la rénovation de la galerie italienne de l’aile Denon, spécifiquement pour honorer ce peintre unique au monde. Depuis le 1er juillet, le salon des États (où était exposée la Joconde) a été fermé pour travaux afin d’accueillir l’exposition sur l’école vénitienne de la Renaissance italienne. Malheureusement, la Joconde a volé toute la lumière sur les maîtres vénitiens, empêchant le public d’apprécier pleinement leur talent. Les travaux, prévus du 17 juillet 2019 à mi-octobre, ont nécessité le déplacement temporaire de la Joconde vers la galerie Médicis, située au deuxième étage de l’aile Richelieu, autrefois dédiée aux expositions du célèbre peintre hollandais Rubens.
Quelques jours auparavant, suite à la demande d’amis venus de Hong Kong, dont les frères et sœurs rêvaient désespérément de voir la Joconde après tant d’années d’attente, j’ai accepté de les accompagner. Ayant visité musées et galeries parisiennes comme si j’y vivais, je me sens chez moi dans cette forêt d’art où je vais régulièrement me ressourcer. Conformément à notre rendez-vous, nous nous sommes rendus très tôt devant la pyramide du Louvre pour faire la queue. C’est une routine quotidienne pour les touristes : sous un soleil brûlant, nous avons attendu patiemment plus d’une heure avant d’entrer. Après avoir acheté nos billets électroniques liés directement aux visiteurs (une mesure prise en réponse aux pratiques illégales de certains touristes chinois qui revendaient les tickets), nous nous sommes dirigés vers l’entrée de l’aile Richelieu pour rejoindre la file d’attente menant à la Joconde. La queue s’étendait depuis l’escalier mécanique du deuxième étage jusqu’à l’atrium du sous-sol. Nous avons attendu silencieusement près d’une heure dans cet étroit couloir avant de progresser lentement.
Arrivés à la galerie Médicis au deuxième étage, nous avons avancé prudemment dans un parcours labyrinthique. Après encore près d’une heure de marche, l’espace initialement vide était devenu extrêmement fréquenté, rempli d’admirateurs venus du monde entier. Enfin, nous nous sommes retrouvés face à la vitrine blanche abritant le portrait de la Joconde. L’excitation de voir l’œuvre de nos propres yeux et l’admiration devant ce sourire éternel nous ont laissés sans voix. Avant même de reprendre nos esprits, les agents nous ont indiqués de continuer. Au total, trois heures de fila n’ont servi que quelques secondes pour être en présence directe de cette œuvre fascinante. Ces quelques instants ont suffi à graver dans notre mémoire l’une des images les plus miraculeuses et belles du monde, transformant ce moment en un rêve éveillé inoubliable.