La neige d’avril nourrit la terre. Le printemps parisien cette année a dépassé l’imagination, semblant un hiver interminable, surtout après Pâques. On attendait le beau temps. Inattendue, la neige blanche au nord de la Loire ce 6-7 avril. Le matin du 7, les flocons couvraient la ville d’une couche poétique. Cette neige est une bénédiction ajoutant au charme et à la beauté tardive de Paris. Aux informations, on apprenait que les autoroutes parisiennes étaient embouteillées par la neige inattendue dans le Nord. Était-ce l’approche de Noël ?

L’après-midi, la flamme olympique traverserait Paris. Après son passage tumultueux à Londres, marqué par des manifestations sur les droits humains et le Tibet, l’atmosphère était étrange. À Paris, la cérémonie fut encore plus dramatique. Trois mille forces de l’ordre assuraient la sécurité, avec la solennité due à une superstar. Le parcours, de la Tour Eiffel à Charlety, fut perturbé dès le départ. La flamme disparut puis réapparut, accueillie entre cris de joie et huées. Malgré la surveillance policière, les incidents se multiplièrent.

Devant le Parlement, des députés brandirent des banderoches pour les droits humains, un acte sans précédent. À l’hôtel de Ville, le maire ne sortit pas ; une banderole « Paris défend les droits humains » et des drapeaux tibétains furent hissés. La délégation s’éloigna vers Charlety. Dans cette métropole des droits humains, il apparut que la liberté vaut moins que ces droits. L’olympiade représenta un défi majeur pour la France. Que la flamme transmette la paix et l’excellence sportive, loin de tout utopie humaine.