Cézanne (P. Cézanne) - Pommes et oranges
Pommes et oranges, 74×93 cm, 1895-1900, Musée d'Orsay, Paris. Dans sa vieillesse, Cézanne revient à la nature morte, notamment celles aux pommes, explorant les relations entre formes et couleurs.

Pommes et oranges, 74×93 cm, 1895-1900, Musée d'Orsay, Paris. Dans sa vieillesse, Cézanne revient à la nature morte, notamment celles aux pommes, explorant les relations étroites entre formes et couleurs, ainsi que des structures formelles organisées. Ici, sur la structure d'une grande pièce de tissu blanc, les formes et les couleurs des pommes et des oranges sont organisées ; dans un contexte contrasté, le rythme formel des surfaces colorées est davantage mis en valeur. Comme il l'a dit un jour au célèbre critique d'art Geoffroy : « Avec une pomme, je veux étonner Paris ! » Ces natures mortes aux pommes, comme les autres objets de table et portraits de Cézanne, offrent concrètement la réflexion sur les relations entre volume, forme, couleur et espace, reconstruisant l'espace de la nature morte ou de l'objet sous multiples points de vue, faisant ainsi du processus pictural lui-même le sujet de la peinture. En 1904, Cézanne écrit dans une lettre : « Traiter la nature par le cylindre, la sphère et le cône, tout cela placé sous un point de vue multiple. La nature pour l'homme est profonde, pas seulement superficielle. Là, introduire la lumière, exprimée par le rouge, le jaune et un bleu suffisant, nous permet de sentir une brise fraîche, etc. » Dit-on alors que Cézanne peint des pommes en nature morte, des baigneurs et des paysages ? Non, il travaille un tableau, une peinture entièrement autonome, qui deviendra le nouveau sujet des artistes de la nouvelle génération.