Paysage avec maison sur une pente, 55×66 cm, 1874, Musée d'Orsay, Paris. Il s'agit de l'une des premières peintures de paysage de Cézanne. À cette époque, il entretient avec le peintre Camille Pissarro une relation à la fois amicale et mentorale, qui deviendra une amitié durable. De 1873 à 1876, ils sortent fréquemment pour peindre sur le motif. L'inspiration de Paysage avec maison sur une pente provient des paysages de Louveciennes peints par Pissarro. Ici, Cézanne, tel un peintre impressionniste, se concentre sur la gestion de la lumière éclatante et de l'atmosphère, mais accorde une attention particulière à l'organisation formelle de la composition. Le rythme de l'axe central traverse les éléments verticaux et obliques — ces troncs d'arbres, les lignes des angles des murs, les traces de sentiers ainsi que certaines courbes de toits. La maîtrise des variations chromatiques est évidente, tout comme chez son ami Pissarro ; l'ensemble du tableau apparaît solide et ordonné, dans une exploration initiale de l'architecture géométrique.

Il est clair que le paysage qui intéresse Pissarro est d'ordre humain : ses œuvres représentent systématiquement la présence de paysans. En revanche, les paysages de Cézanne sont beaucoup plus purs ; les maisons ou les villages y sont traités comme des ensembles de formes et de structures géométriques, des objets facilement identifiables. C'est à partir de cette œuvre, présentée à la première exposition impressionniste et critiquée comme étant sans valeur, que Cézanne a progressivement élaboré son propre style et sa propre approchestylenelle.