Chambre à Arles, 72×90 cm, 1888. Conservé au Musée Van Gogh d'Amsterdam, Pays-Bas

Arrivé à Arles en Provence, Van Gogh trouva enfin la lumière éclatante et cette lumière sans ombre. Dans ces jours si joyeux, il peignit rapidement cette chambre sans ombres, faite uniquement de surfaces colorées. Avec des couleurs pures et sensibles (rouge, vert, jaune, violet, bleu et rose) appliquées à plat, l'image rappelle les estampes japonaises : chaque objet possède une couleur contrastée précise, la couleur devenant le corps de la forme et de la peinture.

Cette chambre ordonnée fut préparée pour accueillir Gauguin. Dans cet espace clos et intime, des meubles simples sont disposés selon la perspective : lit, chaise, table, ainsi que des tableaux accrochés au mur et des fenêtres closes, révélant un vide saisissant. L'artiste écrivit : « Je trouve très amusant de ne rien mettre ici », ajoutant : « Ce n'est que ma chambre ; c'est seulement ici que les couleurs peuvent tout faire, créant par leur simplicité un spectacle des choses. Cela peut suggérer que ce lieu est fait pour se reposer ou dormir, avec des jeux de lumière et d'ombre. C'est une peinture à aplats de couleur, comme les estampes japonaises. »