L'hiver est le moment de se réfugier dans son propre univers vaste et de laisser galoper l'espace de l'imagination ; c'est le temps de la création. Ces jours-ci, Paris est enveloppé par un flux d'air venu de Sibérie, marquant les journées les plus froides depuis dix ans. Ce gel profond rend l'esprit plus calme et posé, permettant, dans un climat où il faut marcher sur des œufs, d'accéder à un niveau supérieur de réflexion (les activités extérieures diminuent, favorisant la lecture, l'écriture, les distractions domestiques et la télévision). On laisse galoper les champs sauvages de sa pensée, ouvrant un espace imaginaire vaste ; c'est comme une hibernation, un moment de vie personnelle où l'on entre dans ses rêves et un royaume poétique. Au sein de l'étreinte onirique et chaleureuse de l'intérieur, on nourrit des spéculations métaphysiques et des mondes transformés. Il est notable que la plupart des penseurs et philosophes sont nés dans des régions froides, ce qui n'est pas sans raison ; on comprend pourquoi les habitants des pays du Nord apprécient les romans longs et la philosophie de l'existence.

Paris a pris cet hiver une teinte poétique de pays du Nord. Quelques jours plus tôt, une forte neige a perturbé la circulation en France et à Paris, sans bouleverser pour autant les rythmes de vie. Dans cet espace-temps alternatif s'ouvrent l'inspiration des poètes, un autre espace pour les romanciers et une lucarne pour les artistes. Cette atmosphère exceptionnelle plonge dans un monde d'imagination, laissant galoper l'espace vaste de la créativité. En ces jours, je m'efforce de rester dans ma maison chaleureuse, chevauchant seul mon espace d'écriture artistique et de création profonde, imprégné par ces champs de pensée et cet espace imaginaire artistique, exprimant ma sensibilité et révélant les mystères de la conscience de la vie.