Le printemps de cette année a été particulièrement glacial. Dans le contexte de la crise et de la dépression économiques mondiales, le 19 mars a marqué la deuxième grève générale en France, avec plus de trois millions de personnes manifestant dans les rues pour protester contre la gestion inadéquate du gouvernement face à la crise financière, la hausse fulgurante du chômage, la faiblesse du pouvoir d’achat, la difficulté de vivre et l’obscurité des perspectives d’avenir. Des centaines de milliers de fonctionnaires et employés du secteur privé, travailleurs, chômeurs et retraités se sont unis dans leur colère et leurs craintes, réclamant des augmentations de salaire ou la protection de leurs droits sociaux. Au cours de ces derniers mois, le taux de chômage en France n’a cessé d’augmenter, plongeant la société dans une atmosphère d’agitation. Face aux dépenses de plus en plus élevées et aux perspectives incertaines, l’inquiétude grandit.

Après plus de vingt ans passés en France, je n’avais jamais vu une telle situation de déclin et d’insécurité. Les médias diffusent quotidiennement des nouvelles négatives ; il s’agit effectivement du défi économique le plus rude auquel les pays occidentaux aient été confrontés depuis la Seconde Guerre mondiale. Ce printemps semble être le plus difficile de l’histoire, peut-être même l’hiver le plus glacé pour la finance mondiale. L’économie mondiale sera redistribuée dans cette tempête. Parmi les quatre puissances émergentes dites BRICS, deux sont asiatiques – la Chine et l’Inde –, faisant de l’Asie la pierre angulaire de la relance économique actuelle et future. Le paysage géopolitique et économique mondial en pleine mutation est désormais formé.