Voyager pour rentrer chez soi ! Chez soi est le lieu le plus chaleureux et confortable
Voyager, c'est partir et revenir – le voyage de la vie se déroule sur le chemin du retour
Voyager, c'est aller d'ici là-bas – là-bas et ici sont en ce lieu
Voyager, c'est passer du proche au lointain – le lointain semble être le proche

Il a plu deux jours et deux nuits de suite. Dans un monde trop lavé par la pluie, tout est boueux et désordonné. Profitant de l’abondance des eaux, la nature, avec une vigueur de renouveau rapide, voit pointer les têtes vert tendre près des fruits tombés. En trois ou quatre nuits, elles deviennent de grandes feuilles vigoureuses. Sur le sol, des taches jaunes ou éclatantes ornent le paysage : ce sont des médailles offertes à la Terre, tombées du ciel. La pluie annonce la saison du changement ; que l’on obéisse ou non, c’est une loi. Cette loi s’inscrit dans le cycle naturel, sans besoin d’être imposée ni dirigée, elle n’est que rythme. Seul le rythme impose l’obéissance ; toute chose lui obéit. Suivre le courant, c’est le rythme. L’émotion est le paysage du rythme, son point de départ, sa source d’inspiration. Percevoir cette émotion permet de pêcher l’inspiration hors de l’eau : elle jaillira joyeusement pour vous, elle qui vous appartient seule. Pourquoi voyage-t-on ? On nous demande. Voyager est fait pour rentrer à la maison ! répond-on. Voyage et retour ne font désormais qu’un. La direction n’a plus de sens. Où suis-je ? Je marche sur le chemin du voyage. Où suis-je ? Je suis dans les bras de ma maison chaleureuse (Ce texte est une écriture inspirée par Montagnes nuages, eaux miroirs – L’image du reflet).