Paris, je suis de retour. La Ville Lumière reste séduisante et envoûtante ; je retrouve mon havre de paix familier, ma maison. Bien que les pluies continues rendent l’air un peu froid, des étincelles de printemps s’allument déjà aux cimes des arbres. À distance temporelle et spatiale de Paris, il y a aussi un écart thermique (près de vingt degrés par rapport à Taïwan) : passer de la chaleur estivale taïwanaise au pays du rêve nordique parisien demande une adaptation rapide, favorisée par le changement d’état d’esprit. Malgré le froid, le retour dans ce foyer chaleureux est réconfortant ; quelques vêtements supplémentaires suffisent pour s’intégrer rapidement à la vie parisienne.

La capitale artistique et florale possède des attraits irremplaçables. Au-delà de sa texture urbaine et de son esthétique, elle offre une sensibilité humaniste et une conscience aiguë. Immergé dans cette atmosphère diversifiée, on se laisse naturellement imprégner par une qualité personnelle et une culture raffinées, expliquant cette aura particulière de Paris.

De retour depuis une semaine, je maîtrise presque déjà les activités artistiques contemporaines de la ville. Je continue d’explorer avec excitation et curiosité l’art actuel, musées et galeries étant sous contrôle. Le lendemain, sous la pluie fine, je me rends au Palais de Tokyo, « météorologie » de l’art occidental. En constatant qu’il était encore en préparation, je visite plutôt le Musée municipal d’art moderne de Paris. L’exposition ARC présente actuellement l’art contemporain mexicain « Résister au présent », ainsi que des rétrospectives consacrées à Christopher Wool, représentant majeur de l’abstraction sensible américaine des années 90, et à Robert Crumb, célèbre dessinateur américain. Ces dernières années, dans un contexte globalisé, il est rare de voir en France l’art contemporain sud-américain, en particulier mexicain, après ceux de Chine, d’Inde et d’Afrique. Dans cette diversité, vingt-quatre jeunes artistes mexicains sont exposés, cherchant à illustrer la réalité et l’esprit locaux face à la mondialisation. Christopher Wool, figure majeure de l’abstraction sensible post-néo-géométrique, construit ses œuvres par des combinaisons intuitives de lignes et de surfaces, entre finesse et rudesse, construction et assemblage, intuition et imagination.

Je visite également le Musée d’art contemporain du Val-de-Marne (MAC/VAL) en banlieue parisienne. Je n’ai pas l’habitude de consulter en ligne les expositions avant de m’y rendre ; je préfère la rencontre fortuite. Ce regain d’enthousiasme pour les expositions suscite ma curiosité, considérant chaque visite comme un moment d’apprentissage et d’expérience. Actuellement, une exposition spéciale retrace le groupe IFP (Information, Fictif, Publicitaire), actif en France dans les années 80 et 90 (1984-1994), aujourd’hui dissout. Ce collectif utilisait les informations et publicités de la société de consommation comme matériau artistique, créant un monde imaginaire virtuel via des objets et images publics, proche de l’art conceptuel. Par ailleurs, la collection permanente propose « Vive demain », structurant thématiquement les œuvres pour offrir une perspective exploratoire, typique des musées européens.

J’ai ensuite passé l’après-midi à arpenter les galeries représentatives du centre Pompidou au quartier du Marais, où tout est fascinant. Il est notable que l’art contemporain chinois soit clairement intégré au marché parisien. La galerie Nathalie Obadia expose Madeln Company (équipe artistique) de Shanghai, tandis qu’Almine Rech présente Liu Wei. Sous l’ample toile de la mondialisation, ces approches distinctes méritent l’attention ; les éléments chinois ont disparu ou ne constituent plus le sujet central de l’art. D’autres expositions personnelles marquent aussi le coup : Markus Schinwald, Gilbert & George avec « La Peinture londonienne », et John Baldessari avec sa nouvelle série « Double Bill ». Les artistes âgés continuent d’offrir de nouvelles réflexions.

Samedi, j’ai visité les galeries du 8e arrondissement sur les Champs-Élysées. Peu nombreuses mais stimulantes par la curiosité, elles satisfont l’appétit de connaissance. La galerie Lelang expose Jaume Plensa, artiste espagnol de premier plan, avec une série de sculptures humaines composées de caractères orientaux et occidentaux. S’y ajoutent les objets pop art de Jean-Jacques Lebel et l’exposition personnelle de Claudine Drai, pleine de sculptures oniriques. J’ai aussi découvert par hasard une nouvelle galerie présentant les peintures de l’artiste chinois Zheng Zhilong, suggérant que l’art chinois deviendra bientôt un élément incontournable. Plus tard, une promenade vers le Grand Palais révèle une longue file d’attente devant l’exposition du célèbre photographe allemand décédé, Helmut Newton. Certes, Paris regorge d’expositions infinies ; il faut donc choisir selon ses goûts, sinon l’épuisement guette. Mais poursuivre ses passions, même fatigant, procure une satisfaction intense.

Oh, demain aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle française. Je n’ai pas oublié. Sommes-nous à l’aube d’un changement d’ère ? Personne ne le sait. Mais dans cette période d’instabilité, les forces conservatrices et réformistes sont constamment en conflit.