Roger Van der Weyden : Le Deuil
(Image) Le Deuil (vers 1450), huile sur bois, 111x95 cm, conservé à la galerie des Offices de Florence.

(Image) Le Deuil (vers 1450), huile sur bois, 111x95 cm, conservé à la galerie des Offices de Florence.
Roger Van der Weyden (vers 1400-1464) est le plus grand peintre flamand après les frères Van Eyck. S'appuyant sur un réalisme naturel fin et unique des Francs, son style calme et élégant montre clairement l'influence des peintres italiens de la Renaissance de son époque, Fra Angelico (qui a séjourné à Florence en 1450). Il exprime souvent sa représentation et ses émotions par ses formes linéaires fines et uniques et ses couleurs vives, transmettant parfaitement une émotion religieuse transcendante et montrant un monde différent de celui des frères Van Eyck.
Le Deuil (vers 1450) est l'œuvre la plus représentative et mature de Roger Van der Weyden. Influencée par l'école florentine italienne, elle illustre parfaitement l'expression dramatique renforcée des expressions tragiques des personnages. Dans ce paysage naturel de collines et de tombes monumentales, le corps paisible de Jésus-Christ vient d'être détaché de la croix au loin. Son corps affaibli, enveloppé dans un drap blanc, est soutenu par cinq figures respectées. À gauche se trouve la Vierge Marie, portant une robe bleu foncé et un voile blanc, exprimant une douleur sensible. À droite, Saint-Jean, jeune et vêtu d'une grande robe rouge, se tient pieds nus sur une stèle, penché pour soutenir Jésus-Christ. Derrière eux, deux anciens respectés (l'un chauve, l'autre coiffé d'un chapeau), vêtus de vêtements brodés nobles, soutiennent le corps de Jésus. En avant, Marie-Madeleine, triste, est agenouillée près de la stèle face à Jésus-Christ.
Le corps du Seigneur Jésus devient le centre de toute la composition grâce au contraste avec le blanc. Les personnages environnants renforcent le rythme par leur mouvement et atteignent la perfection dans la construction de couleurs vives, transmettant sensiblement l'atmosphère tragique et dramatique de la scène. Au loin sur la montagne transcendante, trois croix renforcent la signification narrative de l'histoire. Les sentiers sinueux à gauche et à droite guident le regard du spectateur vers les villes médiévales lointaines, offrant un espace d'imagination pour cette scène tragique étouffante mais apaisante.