Les images humoristiques et satiriques proviennent de debat2007.fr, œuvres du dessinateur Michaelski. (Photo du haut) Le tout-puissant Nicolas Sarkozy. (Photo du bas) Le théâtre de la campagne de 2007. Plus l'élection présidentielle française se rapproche du premier tour, plus les combats s'intensifient. Jacques Chirac, qui domine la scène politique française depuis plus de quarante ans, a annoncé en mars son retrait de la vie politique et son intention de voter pour le candidat de son parti, l'UMP. C'est le résultat que Nicolas Sarkozy convoitait ardemment ; c'est enfin le moment de passer à l'offensive sans entrave.

Le candidat Nicolas Sarkozy, qui aime être au centre de l'attention ou adopter une stratégie discursive envahissante, a proposé lors de l'émission politique « À vous de juger » du 8 mars un thème presque oublié : « l'identité française ». Il a affirmé que, s'il était élu, il créerait un « ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration ». Cette déclaration, inattendue (ou peut-être pas), reprend un thème traditionnellement porté par l'extrême droite et le Front national de Jean-Marie Le Pen. Curieusement, durant cette campagne, Le Pen a atténué ce discours. Néanmoins, cela a immédiatement suscité de vifs débats dans la société.

Il est évident qu'une grande partie des électeurs de droite penche vers le discours centriste de François Bayrou, candidat du centre (UDF). Les sondages montrent que Bayrou menace désormais les candidats traditionnels de droite de l'UMP. La proposition audacieuse de Nicolas Sarkozy, alors ministre d'État et ministre de l'Intérieur sortant, vise clairement à séduire les électeurs de l'extrême droite. Tous les candidats de gauche ont fermement condamné ce discours sur le Front national, dénonçant son danger et accusant implicitement Jean-Marie Le Pen de complicité. François Bayrou a déclaré que ce discours extrémiste se propageait dans la campagne. Jean-Marie Le Pen, quant à lui, a accusé Nicolas Sarkozy de plagiat, estimant que le public préfère l'original à la copie, mais que c'est bien lui (Le Pen) qui récolte les fruits de ses propres semences. On pourrait dire que dans ce théâtre électoral où tout est permis, rien n'est impossible.

Peu après, la candidate du Parti socialiste, Ségolène Royal, a également réagi à la proposition de « drapeau français pour tous les foyers ». Elle estime que suspendre le drapeau national aux balcons ou aux fenêtres lors de la Fête nationale ou d'autres grandes commémorations est courant en France. Pourtant, évoquer « la nation » ou « le drapeau » semble souvent être assimilé à de l'extrémisme. Dans cette période apparemment paisible, parler de « nation » laisse supposer une anxiété face à la mondialisation et à l'Union européenne, ou révèle une stratégie électorale dissimulée.

Dans cette campagne ardente, tout événement social ou question internationale influence le cours des élections, surtout lorsqu'il s'agit de candidats issus des partis politiques. Ainsi, la banlieue parisienne (en particulier les zones touchées par les émeutes) attire davantage l'attention. Tout incident serait une ombre indélébile pour le candidat présidentiel, actuel ministre de l'Intérieur. Récemment, un document émanant des commissariats de la banlieue nord de Paris, qui ne provoquait pas, ne contraignait pas et ne soumettait pas certaines zones spécifiques à des contrôles particuliers, a suscité des débats parmi la population. Il n'est donc pas étonnant que sous cette apparente tranquillité se cache une administration publique dépourvue de pouvoir réel.

Sous cette mainmise forte, qualifiée de non-répressive, le mardi soir (20 mars), devant l'école primaire Rampal à Belleville à Paris, un homme chinois âgé sans papiers est allé chercher ses petits-enfants. Il a été arrêté lors d'un contrôle de police effectué devant un café en face. Lors de son transfert forcé vers une voiture de police, il s'est heurté aux parents venus récupérer leurs enfants. Dans la confusion, la police a utilisé des gaz lacrymogènes et la force pour disperser la foule. La couverture médiatique de cet incident a provoqué l'indignation générale. Le lendemain, la directrice de l'école a été arrêtée et interrogée par la police pour avoir entravé l'action publique. Elle a défendu sa position en affirmant n'avoir fait que protéger les enfants de son école. Les parents, ainsi que les syndicats d'enseignants, se sont rendus au commissariat pour exiger sa libération immédiate et sans conditions. Après sept heures, elle a finalement été relâchée, attirant l'attention de tous les candidats à la présidence. L'affaire a conduit les parents et les militants syndicaux à manifester le lendemain devant l'inspection académique, exigeant que le gouvernement cesse d'arrêter les enfants et les parents sans papiers dans les écoles et leurs environs. Sous la pression gouvernementale, le problème des résidents illégaux sans papiers est soudainement devenu un sujet de débat parmi les candidats présidentiels. Cet incident n'a cependant pas pris fin ici : vendredi, toutes les écoles primaires de Paris ont fait grève pour protester. Qui sera le prochain président capable de gérer avec responsabilité ces problèmes sociaux si complexes ?

Déjà, une semaine auparavant, le président français avait annoncé le départ de son ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, remplacé par le jeune ministre des Territoires d'outre-mer, François Baroin. Sarkozy s'est alors consacré entièrement à sa campagne présidentielle. Le lundi 26 mars, lors d'une courte cérémonie, il a plaisanté en disant qu'il changeait de couloir. Le matin suivant, à Marseille, dans le sud de la France, les syndicats de police du Parti socialiste ont organisé une manifestation, soulagés et célébrant le départ du fort ministre de l'Intérieur.

Ce soir-là, à la gare du Nord à Paris, un problème de contrôle des billets de métro a déclenché des émeutes souterraines. Plus de deux cents jeunes ont affronté la police dans ce qui ressemble à une bataille urbaine, détruisant les commerces du centre commercial souterrain. Ces affrontements ont duré de 17h30 à 2h00 du matin. Cette violence gratuite est devenue un phénomène banal dans la société actuelle, accumulé notamment chez les jeunes, prêts à exploser à tout moment ; seule la gravité de l'incident varie. Le ministre de l'Intérieur récemment démissionnaire a vanté ses brillants résultats en matière de sécurité. Que cette émeute se produise juste après son départ n'est probablement pas une coïncidence. Cela a choqué toute la France : la sécurité affiche-t-elle vraiment des signes d'alarme ? Tout le monde le sait pertinemment. Presque tous les candidats à la présidence ont imputé une part de responsabilité à l'ancien ministre de l'Intérieur pour l'échec de sa politique sécuritaire récente. Les grands problèmes de sécurité sont redevenus un thème central des campagnes présidentielles.

Il convient de réfléchir à l'élection présidentielle de 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen du Front national (extrême droite) a remporté de manière inattendue les voix des électeurs français grâce à des événements violents similaires. Le spectacle fascinant de la campagne présidentielle française se poursuit, scène après scène.