(Haut) Image de Ségolène Royal (PS) issue de www.parti-socialiste.fr. (Gauche centre) Image de Nicolas Sarkozy (UMP) issue de sarkozy2007.com. (Droite centre) Image de Bayrou (centre) issue de www.Bayrou.fr. (Bas) Jean-Marie Le Pen du FN (Front National) d’extrême droite, image issue de www.frotnational.com.

Le théâtre électoral, fait de confrontations acrimonieuses et de guerres de mots qui deviennent des intermèdes originaux, vise à élire un véritable représentant ou porte-parole de la France. Il devient le signe des Français, tel le drapeau et l’hymne national, figure centrale du pays dont personne ne peut usurper le droit. C’est le pouvoir exécutif du système présidentiel français : le Président assure la sécurité nationale suprême en tant que commandant en chef, dirige la diplomatie, représente la nation aux conférences internationales et signe les traités. Il convoque régulièrement le conseil des ministres pour définir les orientations stratégiques et la vision politique. Bien sûr, sous la cohabitation, la situation diffère ; le Premier ministre domine les affaires intérieures et partage certains pouvoirs diplomatiques et points de vue avec le Président.

Examinons donc les programmes des douze candidats à la présidence de 2007. L’essentiel est d’analyser les propositions de chacun, car elles reflètent l’idéologie, l’idéal national, la vision politique et la perspicacité sociale de leurs partis respectifs. Elles constituent la base du choix du prochain président et de l’avenir du pays. Comme souvent dans les utopies électorales, ces programmes visent à gagner des voix, flattant la confiance des électeurs par des promesses parfois irréalisables (« chèques en blanc »). Il faut donc que les électeurs gardent les yeux ouverts, réfléchissent avec prudence et évitent d’être manipulés.

Les clivages entre gauche et droite sont traditionnellement marqués. La gauche se fonde sur le socialisme (le Parti socialiste traditionnel, orienté centre-gauche, et le Parti communiste), avec trois candidats trotskystes originaux : le Parti de gauche révolutionnaire (LCR), le Parti des travailleurs (PT) et la Ligue ouvrière (LO). La droite s’inscrit dans une vision libérale (l’UMP traditionnelle) ou dans le nationalisme et le patriotisme français (le Front National d’extrême droite et le Mouvement pour la France). Sous ces idéologies, les programmes divergent considérablement. Voici ceux des quatre principaux candidats :

N° 12 – Nicolas Sarkozy (UMP) : Valoriser d’abord le travail (la France étant l’un des pays européens où l’on travaille le moins). Supprimer l’impôt sur les successions et les donations. Harmoniser la fonction publique et aider chacun (à retrouver un emploi en cas de chômage). Améliorer la politique d’industrialisation agricole et soutenir notre industrie. Augmenter le pouvoir d’achat (majoration des heures supplémentaires d’au moins 25 %. Revaloriser les retraites des modestes et réformer les régimes spéciaux). Garantir une nouvelle protection sociale (création d’une assurance maladie professionnelle. Permettre d’accéder à la propriété. Aider le premier enfant, renforcer le système de santé, intégrer les personnes handicapées, protéger nos aînés vulnérables et assurer une vie digne et paisible en fin de vie. Rétablir les avantages sociaux majeurs, c’est-à-dire défendre les produits et entreprises européens, poser des frontières européennes, s’opposer à l’adhésion de la Turquie à l’UE). Renforcer un État juste et fort (gouvernement transparent et efficace, renforcement des droits du Parlement. Améliorer les services publics dans les communautés et les zones rurales). Préparer l’avenir de la nouvelle génération (refuser l’engorgement des universités sans débouchés. Réduire la dette et le déficit). La France assume ses valeurs et son identité (respect des valeurs fondamentales, égalité hommes-femmes, laïcité, liberté de conscience).

N° 8 – Ségolène Royal (PS) : Redonner sa valeur au travail (garantir le salaire pour tous et offrir de véritables perspectives professionnelles aux jeunes). Redynamiser la France et ses PME (créer de nouveaux emplois et innover). Mettre à jour le dialogue social via des compromis gagnant-gagnant. Garantir l’unité nationale (par l’éducation et l’égalité réelle). Établir des règles claires (via l’aide mais aussi par les droits et devoirs). Combattre le gaspillage des ressources publiques (un euro dépensé doit correspondre à un euro de valeur d’usage). Réforme gouvernementale (pour garantir équité, efficacité et impartialité). Participation démocratique (vous permettre de participer aux décisions qui vous concernent). Construire une Europe capable de défendre la mobilité des entreprises et des usines (bénéfice pour les employés et croissance).

N° 4 – François Bayrou (UDF) : Priorité à l’éducation, participation active à la politique écologique et environnementale, développement de l’emploi diversifié, augmentation du pouvoir d’achat, rééquilibrage de la dette et du système de retraite, opposition aux politiques d’exclusion sociale, défense du système de santé français, investissement dans la recherche scientifique, garantie de programmes d’aide au logement, assurance maladie et loi uniformes, reconstruction de la démocratie, garantie de l’égalité hommes-femmes, faire de la culture le cœur de la société, défense des services publics, soutien à l’agriculture, plein soutien au développement des territoires d’outre-mer, apaiser les relations entre la France et l’UE ainsi qu’entre les Français et les citoyens européens. Je veux une France forte dans le monde.

N° 10 – Jean-Marie Le Pen (FN) : Nous restaurons ensemble la souveraineté de la France, retrouvons nos frontières, défendons notre peuple et notre économie, réaffirmons les droits légitimes des Français et des familles françaises, retrouvons notre liberté qui nous permet : la sécurité, redonner au gouvernement son pouvoir et son rôle protecteur, permettre à chacun de trouver le bonheur et la fierté d’être Français.