L'expression de l'homme politique fort Nicolas Sarkozy lors de sa victoire au premier tour, image issue de sarkozy2007.forumactif.com. L'autre homme fort du duel présidentiel français est Nicolas Sarkozy, de l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP), né le 28 janvier 1955 dans le 17e arrondissement de Paris, âgé de 52 ans ; s'il est élu président de la République française et que son mandat prend fin en 2012, il aura 57 ans. Son père, Paul Sarkozy, était peintre et d'origine noble hongroise ; il a immigré à Paris en 1949 pour fuir les communistes et s'est marié la même année avec Andrée Mallah, fille d'un médecin juif (étudiante en droit), tous deux immigrants d'Europe de l'Est. Cette famille heureuse a élevé trois enfants, Nicolas étant le deuxième. Cependant, en 1959, son père Paul a quitté le foyer, abandonnant les trois enfants dont la mère a pris courageusement charge et l'éducation, tout en poursuivant ses études interrompues, devenant finalement avocate.

Surnommé le « Napoléon moderne » pour son style autoritaire et décisif, Nicolas Sarkozy a passé une enfance peu disciplinée dans le 17e arrondissement de Paris puis à Neuilly-sur-Seine, ayant redoublé en quatrième. Il a finalement obtenu son baccalauréat en 1973 sans grande gloire, mais ces antécédents n'ont pas entravé ses études futures, où il s'est distingué par son assiduité. Il obtient une licence en droit à Nanterre en 1978, puis un DEA avec mention (sujet de recherche : « Le référendum de 1969 »), avant de poursuivre ses études à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) et d'obtenir le diplôme d'avocat, exerçant ensuite au barreau de Paris.

Très précoce politiquement, il s'engage dès l'âge de 19 ans en première année de faculté comme membre jeune de l'UDR (droite). Il participe activement à l'élection présidentielle de 1974, contribuant à la défaite de Chaban-Delmas, rival de Jacques Chirac, et se rallie rapidement à ce dernier. En 1975, il prononce son premier discours devant Jacques Chirac lors d'un rassemblement, attirant l'attention par cette phrase : « Être un gaulliste jeune, c'est être révolutionnaire ». En 1981, il devient responsable de la jeunesse dans l'équipe présidentielle de Chirac. Sa carrière politique s'inscrit alors dans le cadre du RPR, parti dominé par Chirac.

Élu conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine en 1977, il en devient maire en 1983. De 1986 à 1988, il est vice-président du département des Hauts-de-Seine, chargé de l'éducation et de la culture. À partir de 1988, il est député des Hauts-de-Seine et secrétaire national du RPR, le principal parti de droite traditionnelle, responsable de la jeunesse et de la formation, ainsi que des listes aux élections européennes. Il sera réélu député à chaque fois avec une large majorité dès le premier tour, bénéficiant d'une forte popularité.

Vers 1993, sous le gouvernement de cohabitation dirigé par Édouard Balladur, Nicolas Sarkozy devient ministre des Finances. La même année, il gère avec succès et aplomb l'otage d'une école primaire à Neuilly-sur-Seine (ville où il exerce), démontrant calme et intelligence face à la crise. Sous le gouvernement Balladur (1993-1995), lors de l'élection présidentielle de 1995, il défend farouchement le Premier ministre candidat à la présidence, aliénant Jacques Chirac. Lorsque Chirac est élu en 1995, Sarkozy devient le « traître de la politique chiraquienne », traversant une période sombre et confuse. Leur relation politique se brise, créant un fossé générationnel et idéologique profond.

En 1997, après une erreur stratégique de Chirac qui dissout l'Assemblée nationale conduisant à une victoire de la gauche, Sarkozy profite de ce reflux de la droite pour se reconstruire. Il devient secrétaire général du RPR, puis président par intérim en 1998, et mène la liste du RPR aux élections européennes de 1999. Le véritable tournant arrive en 2002 : le RPR se transforme en Union pour un Mouvement Populaire (UMP) pour cette élection présidentielle. Profitant de la réélection de Jacques Chirac, il démontre son efficacité et sa loyauté lors de la campagne. Chirac bat facilement Jean-Marie Le Pen (FN) avec plus de 80 % des voix.

Sarkozy devient ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire, puis ministre de l'Économie et des Finances. En tant que ministre de l'Intérieur, sa fermeté sur la sécurité intérieure, la circulation, l'immigration et la lutte contre la criminalité marque les esprits. Sur des questions comme l'économie libérale, la sécurité ou l'immigration, son image est perçue comme « trop à droite », alimentant l'inquiétude quant à son ambition et son impatience. Lors de cette campagne présidentielle, il déclare publiquement : « Je me suis changé », espérant rassurer les électeurs et modifier l'image du candidat.

En 2004, il passe du ministère de l'Intérieur à celui de l'Économie et des Finances. La même année, la droite subit un double échec aux élections locales et européennes. Le président du parti, Alain Juppé (proche de Chirac et successeur désigné), démissionne et, condamné à deux ans d'inéligibilité pour une affaire liée à la mairie de Paris, part enseigner au Québec. La voie semble libre. Le 28 novembre, avec 85 % des voix lors de la primaire interne, il devient naturellement président de l'UMP, le plus grand parti de France, ouvrant la voie vers la candidature présidentielle et faisant de lui le concurrent direct de Jacques Chirac. Il démissionne de son poste ministériel pour se consacrer à son rêve présidentiel, parcourant le pays pour rencontrer les militants UMP et lancer sa campagne, promettant de démocratiser la politique française et de redonner espoir.

En 2005, lors du référendum sur la Constitution européenne, Jacques Chirac perd le vote. La France perd éclat et influence dans l'UE. Dans le nouveau gouvernement, Sarkozy redevient ministre de l'Intérieur. Aux émeutes de banlieue parisienne fin 2005, sa réponse ferme et massive (militaires et police) fait sa renommée. Surnommé le « Napoléon » moderne par les Français pour son style administratif tranché et autoritaire, il incarne un nouvel espoir. Ses sondages montent, il devient la vedette médiatique, captant chaque geste. En 2006, sans primaire interne, il est le candidat naturel de l'UMP, porté par une vague médiatique favorable. Ce n'est qu'avec l'apparition de Ségolène Royal (PS) que l'équilibre médiatique se rétablit et qu'une opposition anti-Sarkozy émerge.

Malgré cela, il conserve l'adhésion de la droite traditionnelle et de l'extrême droite. Au premier tour, il obtient 31,06 %, le meilleur score d'une élection présidentielle du Ve République à ce stade. Qui remportera le second tour ? Le résultat sera connu le 6 mai à 20 heures.

D'un autre côté, cet homme fort a aussi ses fragilités, surtout en amour. Séduisant et confiant, il devient maire de Neuilly-sur-Seine à 28 ans. Le 23 septembre 1982, il épouse Marie-Dominique Culioli, avec qui il aura deux fils. En 1984, en tant que maire, il officie au mariage de Jacques Martin, célèbre animateur télé, où il rencontre le modèle Cécilia. Cinq ans plus tard, celle-ci tombe passionnément amoureuse de Sarkozy. Dans ce monde sentimental français souvent décrit comme romantique plutôt que libertin, ils se marient en 1996 et ont un fils en 1997. La vie sentimentale des hommes politiques français est complexe ; entouré de modèles et de femmes élégantes, entre liaisons et séparations, il acquiert le surnom de « Kennedy français ».

En somme, en 2007, le fauteuil de l'Élysée reviendra soit à un bel homme, soit à une belle femme. Dans les deux cas, ce sera une rupture historique : le plus jeune président ou la première femme présidente ajouteront une nouvelle page à l'histoire politique française.