Le portrait de Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidence, d'une élégance remarquable, provient des sites PS www.parti-socialiste.fr et segoleneroyal2007.net. Nicolas Sarkozy, du mouvement de droite UMP, et Ségolène Royal, du Parti socialiste de gauche, se qualifient pour le second tour. Cette élection présidentielle est particulièrement remarquée non seulement par l'affrontement décisif entre la droite et la gauche, mais aussi par ce duel opposant un homme séduisant à une femme charmante, revêtant une signification exceptionnelle : pour la première fois dans l'histoire, la France, dans un système politique traditionnellement masculin, pourrait élire une présidente au charisme hors norme. Le résultat sera connu le soir du 6 mai.

Les deux camps mènent désormais une campagne acharnée durant ces deux dernières semaines, avec un débat télévisé prévu mercredi soir le 2 mai. L'électorat français observe attentivement cette confrontation historique. Outre les luttes ouvertes et sournoises du second tour visant à rassembler les soutiens des autres candidats, notamment François Bayrou (Union pour la démocratie française), les deux prétendants cherchent activement ou discrètement à conquérir ces voix cruciales. Compte tenu de la répartition actuelle, Ségolène Royal a plus que quiconque besoin de cet appui supplémentaire.

Seront-ce Nicolas Sarkozy, l'homme brillant, ou Ségolène Royal, la femme raffinée, qui deviendront le prochain président ? Quel que soit le vainqueur, il marquera l'avènement d'une nouvelle génération dirigeante et d'une innovation politique. Tous deux, nés après-guerre et âgés d'une cinquantaine d'années, appartiennent à l'élite intermédiaire française et possèdent une longue expérience politique, ayant été députés, ministres ou présidents de conseils généraux. Il convient dès lors de mieux connaître le profil de ces futurs présidents.

Ségolène Royal, candidate socialiste d'une élégance naturelle, est née le 22 septembre 1953 à Dakar, capitale de l'actuel Sénégal, alors colonie française. Fils d'un militaire, elle a développé une personnalité autonome et endurcie. Diplômée en économie de l'École nationale d'administration (ENA) en 1980, elle était camarade de classe de François Hollande, leader du Parti socialiste avec qui elle vit et dont elle a eu quatre enfants ; ils étaient déjà militants actifs du parti pendant leurs études. Après son entrée à l'ENA, elle devient juge administrative. En 1982, suite à l'élection de François Mitterrand, elle devient secrétaire à la Présidence, chargée des questions médicales, environnementales et jeunesse. Élue députée des Deux-Sèvres en 1988, elle est ministre de l'Environnement dans le gouvernement Pierre Bérégovoy (1992-1993), puis réélue députée en 1997. Elle occupe ensuite le poste de ministre de l'Éducation nationale sous Lionel Jospin (1997-2000), puis ministre des Affaires familiales (2000-2002). Ces expériences concrètes lui confèrent une approche distinctive des questions environnementales, éducatives et sociales. Réélue députée en 2002, elle préside depuis 2004 le conseil régional de Poitou-Charentes.

Lors de la primaire présidentielle socialiste de 2005, elle défie l'ordre établi dominé par les « éléphants » du parti, tels Laurent Fabius, qui avait scandaleusement déclaré qu'une femme devait rester au foyer pour s'occuper des enfants. Ségolène Royal remporte l'investiture avec 60,65 % des voix, face à Dominique Strauss-Kahn (20,83 %) et Laurent Fabius (18,54 %). Souvent vêtue de costumes sobres et élégants, elle est désignée candidate officielle pour 2007, passant inaperçue de la politique locale à la scène nationale. En 2006, sa silhouette séduisante figure dans l'édition française de GQ, élue sixième femme la plus sexy au monde, attirant immédiatement l'attention des médias. Décrite par le New York Times comme l'« Audrey Hepburn de la politique », elle remporte le premier tour de l'élection présidentielle.