Giacometti (A. Giacometti) : La Femme debout
Chef-d'œuvre de l'époque surréaliste de Giacometti, La Femme à la gorge tranchée (1932-40), conservé au Musée national d'art moderne du Centre Pompidou, Paris.






Alberto Giacometti (1901-1966), peintre et sculpteur suisse, s'est plongé dans les représentations cubistes et le surréalisme durant sa jeunesse. Après-guerre, il a trouvé une forme d'expression plus personnelle : des statues humaines minuscules, filiformes, presque inexistantes. Sous l'impulsion de l'existentialisme, elles font face seules à un espace infini, devenant le symbole extrême de la dévalorisation des modernes alienés. Jean-Paul Sartre affirmait : « Giacometti saisit la réalité purement de manière empirique : elle a son essence existentielle et surtout, tout cela disparaît soudain ; pourtant, exister dans le néant, toute tension devient compréhensible ».
Cette œuvre La Femme debout (II) est née après qu'une banque new-yorkaise de Manhattan eut commandé à Giacometti un monument pour une place publique, ce qui l'a conduit à créer ces immenses statues féminines (ses sculptures sont soit trop grandes, soit si petites qu'elles tiennent dans une boîte d'allumettes). Dans cette silhouette figée, au visage lourd, aux mains collées au corps comme des tiges de bambou, le corps fin et sans volume paraît fragile, mais la statique en est le cœur. Giacometti écrivait : « Je n'ai jamais considéré mes figures comme pleines, mais comme des constructions transparentes. En vérité, dans le contraste de l'espace, les figures sont formées par des lignes de vide et de plein. Et dans ces matières, il conserve souvent leur efficacité tactile brute, produisant une frémissement sensoriel ». Il est évident que les œuvres de Giacometti reflètent la faiblesse et la fragilité de l'humanité au XXe siècle.