Portrait de Marcelle Duchamp, diamètre 120 cm, 2008
Portrait de Josephine Beuys, diamètre 120 cm, 2008
Peinture random, 59 x 84 cm, 2008

« Fuck the Market », détail, 195 x 130 cm, 2008. Exposition personnelle d’Agnès Thurnauer « Portrait à taille réelle » : du 9 février au 15 mars à la galerie Anne de Villepoix. Agnès Thurnauer est une artiste de la nouvelle génération qui explore la diversité : figuratif, abstrait, langage, écriture et conceptuel. Dans cette exposition intitulée « Portrait à taille réelle », elle transforme les noms d’artistes célèbres de l’histoire de l’art en portraits, présentés sous forme de grands cercles graphiques semblables à des insignes, formulant ainsi une satire acide. Elle interroge explicitement l’histoire de l’art : par exemple, Bacon devient Francine, Opalka (nom de famille) devient Romane (prénom), et Broodthaers devient Marcelle, tous étant des figures bien connues.

Dans l’histoire de l’art moderne, on a l’habitude d’appeler ces artistes par leur nom de famille : Duchamp, Pollock, Warhol, Beuys. Souvent, on ignore même leurs prénoms. De manière contradictoire, dans le « Portrait à taille réel » d’Agnès Thurnauer, nous voyons inexplicablement des portraits d’Annie Warhol, Jacqueline Pollock, Marcelle Duchamp, Josephine Beuys, Francine Bacon, etc. Cela semble féminiser toutes ces figures dominantes dans une histoire de l’art moderne marquée par le machisme, sous un sortilège trompeur qui les rend androgynes et les personnalise. Bien que le « Portrait à taille réel » s’appuie sur une grande tradition historique, il brouille la perception du spectateur sous couvert d’un engagement littéraire.

Une autre série combine peinture et écriture, trouvant son inspiration dans les images et textes de la peinture religieuse médiévale, en écho aux résonances de l’histoire de l’art, comme la tradition magrittienne de « Ceci n’est pas une pipe ». Cette série de petits tableaux, dite « Prédelle », construit une interprétation directe à partir de sa forme et de son intention visuelle, adoptant une position critique dès le départ. La peinture établit une transformation entre l’image et l’écriture, divisant les syllabes et variant les rythmes visuels, invitant le spectateur dans un cadre sémiotique où se confrontent figuratif, abstraction, langage et écriture. Enfin, la série « Fuck the market », composée de grandes œuvres sur papier, rend hommage aux artistes maudits tout en questionnant la valeur des œuvres contemporaines, sur un plan symbolique et politique à double sens.