Kandinsky, Improvisation 26, 98x107.5 cm, 1912, collection des Musées municipaux de Munich, Allemagne
Mondrian, Composition avec rouge, jaune et bleu, 80x50 cm, 1921, collection du Gemeentemuseum, Pays-Bas
F. Kupka, Forme orange, 73x60 cm, 1923, collection du Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne, France
R. Delaunay, Tour Eiffel, 250x250 cm, 1914, collection du Centre Pompidou, Musée national d'art moderne

Depuis la manifestation subjective de couleurs riches chez les peintres fauves jusqu'à la construction formelle rationnelle et rigoureuse des peintres cubistes, l'art s'orientait déjà vers un grand objectif futur : l'art abstrait. Entre 1910 et 1914, les artistes occidentaux sont passés progressivement de l'imitation des apparences naturelles extérieures à une réflexion intérieure et sensible, abandonnant la nature pour construire, de manière très efficace, un monde autonome et indépendant à partir des formes (point, ligne, surface), des couleurs et de la matière, exprimant ainsi l'instinct intuitif et la pensée intérieure de l'artiste. Sous l'impulsion de l'expression instinctive et introspective de Kandinsky, cela devint l'abstraction lyrique sensible.

Sous l'expression de la structure purement spirituelle, à la fois intuitive et introspective de Mondrian et autonome et contemplative de Malevitch, cela devint l'abstraction géométrique rationnelle. Sous l'expression des formes rythmiques de construction purifiée et des couleurs intenses et harmonieuses de Delaunay, cela devint l'abstraction chromatique. L'art abstrait est ainsi devenu l'une des meilleures représentations de l'âme humaine au XXe siècle et l'un des courants artistiques les plus importants. L'art concret (géométrique) des années 1930 a formé, après la guerre, une véritable tempête d'art abstrait : l'abstraction lyrique en France, l'expressionnisme abstrait aux États-Unis, l'abstraction chromatique tardive des années 1960, l'art minimal des années 1970, l'art du support-surface, jusqu'au nouvel art géométrique abstrait des années 1980.