Bill Viola, une rétrospective au Grand Palais
Le bassin réfléchissant - La Bassin Miroir 1977-79 7 minutes performeur Bill Viola














Du 5 mars au 21 juillet. Lieu : Grand Palais – Galeries nationales de France. Texte et photos par Chen Chi-Hsiang. Cette rétrospective consacrée à Bill Viola au Grand Palais constitue la plus importante exposition rétrospective de l’artiste. Elle marque également la première grande exposition d’art vidéo organisée par le Grand Palais. L’événement présente quarante ans de créations minutieuses de Bill Viola, intégrant installations spatiales vidéo, sonores et visuelles, invitant le public à un voyage spirituel.
« Si tu promets d’entrer dans le voyage, tu atteindras [le but]. » Ibn Arabi (1165-1240)
Bill Viola définit ainsi son art : « Le temps est la matière première du film et de la vidéo. La mécanicité de ces caméras, des pellicules, des cassettes, ainsi que leur manipulation par les hommes, relèvent tous du temps. Les humains créent des événements qui se déploient selon une structure stricte ; celle-ci s’incarne dans les cassettes ou les pellicules, construisant une expérience pédagogique. En apparence, cela ressemble à une bobine, l’une des nombreuses formes de transmission visuelle du passé. » (Note 1) Bill Viola aime figer, répéter et ralentir le temps jusqu’à l’extrême, révélant ainsi toutes ses pistes et formes. Note 1 : The universe continues to be in the present tense. Dans Viola, Reasons for Knocking at an Empty House. Writings 1973-1994, Cambridge, MIT Press, 1995, p. 253 (traduction de J. Neutres).
« Je suis né avec la vidéo en même temps qu’elle a vu le jour. » Bill Viola
La pratique esthétique et médiatique fixe l’instant, focalisant le regard pour traverser le sujet avec la plus grande conscience. Que voyons-nous vraiment ? La caméra, seconde œil de l’artiste, nous invite à « réapprendre à voir », approchant ainsi le monde ou ses apparences. Cette exposition se construit comme un voyage introspectif en trois temps, autour de trois questions métaphysiques majeures que Bill Viola interroge depuis quarante ans à travers ses œuvres : Qui suis-je ? Où suis-je ? Vers où vais-je ? L’artiste ne répond pas explicitement à ces questions, mais nous permet de les confronter clairement. « Les gens du passé disaient (…) mystère. Ils n’y ont pas répondu. Il n’y a pas de réponse à la vie ou à la mort. Il faut l’expérimenter, s’en approcher, l’explorer, mais il n’y a finalement aucune réponse. » (Note 2) Note 2 : Bill Viola, op. cit., p. 273 (traduction de J. Neutres). Ce texte court est traduit de la présentation de la rétrospective Bill Viola au Grand Palais.