071 Blair Thurman alrealdy abstraction 2014-10
Vue d'ensemble de l'exposition Blair Thurman – Alrealdy Abstraction
073 Blair Thurman g- I revere you 114x69x5cm d-cafe racer 173x98x5cm 2014 acrylique sur toile sur bois
À gauche : I revere you 114x69x5cm À droite : cafe racer 173x98x5cm 2014 acrylique sur toile sur bois
072 Blair Thurman sixpenny op 206x180x4cm 2014 acrylique sur toile sur bois
sixpenny op 206x180x4cm 2014 acrylique sur toile sur bois
074 Blair Thurman Mr Lincoln 218x81x6cm 2014 acrylique sur toile sur bois
Mr Lincoln 218x81x6cm 2014 acrylique sur toile sur bois
075 Blair Thurman kalicko kat 183x102x5cm 2014 acrylique sur toile sur bois
kat 183x102x5cm 2014 acrylique sur toile sur bois
076 Blair Thurman downward spiral club 111x53cm 2014 metal et peinture
downward spiral club 111x53cm 2014 metal et peinture

Texte et photos / Chen Chi-Hsiang Lieu : Galerie Frank Elbaz Dates : 23 octobre au 22 novembre L’art européen actuel présente une tendance particulière, notamment dans l’abstraction géométrique ou la géométrie abstraite, qui s’enfonce davantage dans l’abstraction de champs colorés et l’art minimal. Deux pôles se distinguent, le plus représentatif étant l’Allemagne, en particulier les artistes de Düsseldorf comme Imi Knoebel, Gunther Forg et Günter Umberg, qui perpétuent et renouvellent la tradition. Un autre pôle est la Suisse, avec l’école de Genève : à partir des vétérans des années soixante-dix menés par Olivier Mosset, suivent les postmodernistes John Armleder, Francis Baudevin, Philippe Decrauzat et Blair Thurman, intégrant des éléments étrangers (comme les ready-made) pour construire la réalité en image, étendant ainsi le champ de l’abstraction contemporaine. Le critique Parrino qualifie cela de « déformalisme », mêlant ready-made et géométrie abstraite, rendant cette dernière plus divergente et moins pure ; l’abstraction géométrique postmoderne et ultérieure devient hybride. L’autre critique Vincent Pecoil écrit : « Ce thème de l’« abstraction trouvée » doit être inscrit dans le contexte du possessivisme des années quatre-vingt, atténuant efficacement la distance entre figuratif et abstrait » (note 1).

Blair Thurman ouvre continuellement son champ d’abstraction symbolique et pictural depuis la sensibilité. Ses œuvres portent souvent deux sensations, transformant leurs formes et leur architecture double (intérieur/extérieur, réel/imaginaire) entre virtualité et matérialité, unifiant œuvre et objet. Libérant le formalisme de manière autonome, il affirme après le postmodernisme le mélange des discours contre la pureté, intégrant doublement dans l’art et la réalité un index formel comme abstraction liée à la réalité, une abstraction contingente. Sa peinture dépend du cadre intérieur et de la forme du châssis ; le tableau sert de support à l’objet et à la forme, prenant parfois sa forme selon la posture du châssis.

Une autre sensation double notable provient des thèmes des œuvres tels que Mr Lincoln, Kaliko Kut Black, Mrs Pinky-Winky, etc. Blair Thurman anthropomorphise humoristiquement et ludiquement la peinture abstraite, cherchant à intégrer ses images dans le monde qui nous entoure. Interprétation libre, soulignant deux aspects contradictoires, ouvrant sur un sentiment de divergence multiple, faisant clairement croiser l’œuvre avec la réalité. Entre symbolisme et picturalité, abstraction et figuratif, peinture et sculpture, art et réalité, forme et image, tableau et objet, il construit une abstraction artistique ancrée dans la réalité.

Note 1 : Communiqué de presse de l’exposition personnelle Blair Thurman–Alrealdy Abstraction, Galerie Frank Elbaz, 2014-10.