Le Mur des Ossements
(Haut gauche) Les ossements provenant du cimetière des Innocents y furent déposés en 1848 et une autre partie en 1859. (Haut gauche) Les restes du cimetière Saint-Nicolas furent installés ici en 1859 ; on n’aurait jamais cru que, séparés si loin, ils se retrouveraient ensemble dans le Mur des Osseme



(Haut gauche) Les ossements provenant du cimetière des Innocents y furent déposés en 1848 et une autre partie en 1859. (Haut gauche) Les restes du cimetière Saint-Nicolas furent installés ici en 1859 ; on n’aurait jamais cru que, séparés si loin, ils se retrouveraient ensemble dans le Mur des Ossements. (Bas) Un couloir d’ossements rangés avec ordre accueille les visiteurs.

(Chaque image) Qu’il s’agisse d’amis ou d’ennemis, de proches ou d’inconnus, se retrouver ensemble relève sans doute du destin.

(Chaque image) Le temps ici est réduit en cendres ; l’homme n’est que poussière cosmique.

(Chaque image) Chacun porte-t-il sa propre croix ? Croyez-le ou non.

(Chaque image) Des colonnes noir et blanc structurent la salle de la mort du Mur des Ossements ; la mort est-elle donc en noir et blanc ?

(Chaque image) Ce mur abritant les ossements de six millions de Parisiens : cet espace appartient-il aux vivants ?

(Chaque image) Nous vous regardons et vous attendons.


(Haut) Invités, asseyez-vous et prenez une photo souvenir avec nous. (Bas) Mes amis reposant sous terre, arrêtez-vous un instant pour accompagner ces bons amis souterrains.
Paris possède une catacombe souterraine unique, aussi appelée Mur des Ossements, située sous le quai de la place Denfert-Rochereau, dans le XIVe arrondissement. On y trouve, disposées par ordre chronologique, les ossements de six millions de Parisiens, ce qui est difficile à imaginer. À vingt mètres sous la surface, s’étendent sur dix-sept kilomètres des galeries d’ossements occupant une superficie de onze mille pieds carrés. Sous Louis XVI, soit en 1785, face aux cimetières insalubres, encombrés et désordonnés accumulés depuis des siècles, les Parisiens ne purent plus tolérer cette situation anarchique. Face aux plaintes publiques, le roi décida d’instituer un système d’inhumation réglementé, interdisant les sépultures sauvages et ordonnant le transfert des restes vers des cimetières dédiés, ainsi que la récupération des ossements des tombes anonymes parisiennes. Immédiatement, l’inspecteur des carrières Charles-Axel Guillaumot renforça les anciennes galeries souterraines de pierre avec du ciment, construisit un escalier menant aux galeries souterraines et des bouches d’aération. Le Mur des Ossements fut officiellement inauguré le 7 avril de l’année suivante. Après deux années de transfert, les ouvriers disposèrent soigneusement les grands os contre les murs pour former des parois, et arrangèrent les crânes avec soin, créant une décoration remarquable. Ces murs d’ossements atteignent près de trente mètres d’épaisseur et plus de dix mètres de hauteur. Ce projet de transfert des cimetières parisiens ne fut achevé qu’en 1814. Chaque groupe d’ossements porte clairement mention de sa date, de son lieu ou de l’événement associé. Il est particulièrement notable que les restes des révolutionnaires devant le palais de Brienne en 1788, ceux des insurgés de la Révolution sociale en 1789, ou encore les victimes du massacre des Tuileries en 1792, y soient conservés. Bien sûr, le Mur des Ossements continua de recevoir les ossements découverts lors des grands travaux modernes de la ville dirigés par le duc Haussmann sous Napoléon III, jusqu’en 1859. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce site servit de base cachée aux résistants lors de la Libération de Paris. Le Mur des Ossements ne fut ouvert au public qu’à l’époque napoléonienne. Sa configuration actuelle résulte des aménagements planifiés et réalisés par l’inspecteur des carrières Héricart de Thury en 1809, qui organisa les galeries et les itinéraires, érigea des stèles en marbre et des inscriptions morales, et décora les couloirs. Tout cela invite les visiteurs et pèlerins parisiens à méditer silencieusement sur le sens de la vie dans une atmosphère solennelle.