Corot, Nymphes du matin, 98x131 cm, 1850, Musée d'Orsay, Paris
Millet, Printemps, 86x111 cm, 1868-1873, Musée d'Orsay, Paris
Millet, Berger, 81x146 cm, 1864, Musée d'Orsay, Paris

Le réalisme naturaliste de l'École de Barbizon s'est développé entre 1830 et 1860. Un groupe de peintres, opposés à la civilisation industrielle, a abandonné les cités et l'art officiel pour s'installer au hameau de Barbizon, aux abords de Paris, près des forêts denses de Fontainebleau. Ils y cherchaient une nouvelle inspiration créative et formelle, se consacrant à la représentation de paysages naturels lumineux et de scènes rurales simples, à l'image de la peinture de paysage hollandaise du XVIIe siècle.

Ces jeunes artistes, inspirés par le romantisme (défendant la liberté des arts plastiques et rejetant toutes les règles de l'art classique), admiraient particulièrement les couleurs sensibles et les touches libres de Delacroix. L'observation des paysages naturels leur ouvrait des perspectives infinies en matière de lumière et d'espace pictural. Les membres de l'École de Barbizon comprenaient Rousseau (T. Rousseau), Millet, Corot, Daubigny, Pissarro (Har Pignies), Diaz, Dupré et Troyon.

Cette recherche d'une lumière et d'un espace picturaux sans précédent, issus directement de l'observation de la nature, est devenue un modèle admiré par la génération suivante, marquant le point de départ des investigations de Manet et des impressionnistes. L'exploration de l'École de Barbizon a ainsi semé les graines d'une nouvelle esthétique au siècle, devenant également la référence du réalisme régionaliste futur.