Expressionnisme
F. Kupka, Ruban bleu, 65x71 cm, 1910, Musée des Beaux-Arts de Saint-Étienne, France.

L'expressionnisme est un courant majeur de l'art moderne qui a balayé toute l'Europe ; il ne constitue pas une école ou un groupe spécifique, contrairement au Fauvisme, au Cubisme ou au Surréalisme, et désigne plutôt une esthétique propre à l'art nordique, en particulier allemand, du début du XXe siècle. Le terme « expressionnisme » fut proposé par le critique allemand Herwarth Walden dans la revue berlinoise Der Sturm pour s'opposer à l'impressionnisme et décrire cette représentation floue et imprécise. Ce mouvement se manifesta de manière révolutionnaire entre 1910 et 1920.
Au sens large, l'expressionnisme trouve ses précurseurs dans le post-impressionnisme tardif du XIXe siècle, tel que les œuvres de Van Gogh et Gauguin, celles du Belge Ensor et du Nordique Munch, ainsi que dans le symbolisme suisse de Hodler. Il s'exprime à travers une conscience subjective, utilisant des formes instinctives puissantes, des lignes explosives, des couleurs vives et des coups de pinceau audacieux pour traduire directement les émotions et la sensibilité de l'artiste. Comme le Fauvisme français, il repose sur une subjectivité et un instinctualité qui simplifient et aplatisissent la forme, voire la réduisent à des surfaces colorées. La différence réside dans le fait que le Fauvisme penche vers le lyrisme, une élégance française plaisante et visuelle, tandis que l'expressionnisme est explosif, franc et sincère, exprimant les émotions intérieures et l'intuition.
L'expressionnisme allemand explore diverses dimensions politiques et sociales. Les peintres les plus représentatifs avant et pendant la Première Guerre mondiale incluent Franz Marc, fondateur du Cavalier Bleu, et Jawlensky, mais aussi Nolde et Kirchner, dont les œuvres sont particulièrement marquantes. À Vienne, on compte Klimt, Schiele et Kokoschka. En France, à Paris, les œuvres de Rouault et Soutine, ainsi que celles de Modigliani, s'apparentent à ce courant. Entre les deux guerres mondiales, l'expressionnisme allemand est illustré par la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit) avec Dix, Grosz et Beckmann, transmettant la violence et l'insécurité sociale à travers un réalisme accéléré. Après la Seconde Guerre mondiale, l'expressionnisme tend vers une abstraction expressionniste centrée sur l'image intérieure, comme en témoignent les œuvres de Bacon au Royaume-Uni. Dans les années 1980, le Nouvel Expressionnisme allemand s'est directement appuyé sur la tradition de l'expressionnisme allemand, servant de source artistique continue.