Henri Matisse, La Leçon de piano, 245 x 213 cm, 1916, collection du Museum of Modern Art, New York
Vlaminck, Restaurant dans la rue Machine, 60 x 81,5 cm, 1905, collection du Musée national d'art moderne, Paris
Derain, Bateaux de transport sur la Seine, 80 x 97,5 cm, 1906, collection du Musée national d'art moderne, Paris

Le fauvisme est né au Salon d'Automne de 1905. Le critique Louis Vauxcelles décrit avec effroi les œuvres de Matisse, Derain et Vlaminck comme des peintures « sauvages ». Ce nom devient ainsi l'appellation de ce style. Ces artistes perçoivent la « structure chromatique » chez Cézanne et apprennent la « pensée et l'imagination par la couleur » auprès de Gustave Moreau. Matisse déclare : « Le fauvisme consiste à se libérer de la tyrannie du divisionnisme. » En 1906, le magicien de la couleur Bonnard explique que le fauvisme vise à dépasser l'impressionnisme, car dans l'impression naturaliste, l'art n'est-il pas égal à la nature ? Ils délièrent ainsi audacieusement la forme naturelle et simplifiée, faisant de la couleur leur structure principale. Couleur, couleur, devint l'essence de leur exploration picturale.

Les raisons principales de l'émergence du fauvisme :

  1. L'influence des surfaces colorées de Gauguin.
  2. L'opposition à l'impressionnisme de Seurat et Signac, jugé trop méthodique.
  3. Le renouvellement de l'environnement temporel ; le vocabulaire artistique ancien ne correspondant plus à la conscience moderne, il fallait établir un nouveau langage symbolique, syllabe après syllabe, image après image, jusqu'à ce que l'art réponde aux besoins sociaux et individuels.
  4. L'influence de l'humanisme. Matisse dit : « Ce qui l'intéresse, ce ne sont ni les natures mortes, ni les paysages, mais les personnages. »