Le salon international « Fiac » à Paris
« Fiac » au Grand Palais est le marché principal du salon d'art contemporain de Paris.











Les sculptures extérieures de Fiac, présentées aux Tuileries – Kader Attia, Untitled 2009 (Cymbales), dimensions variables. Après les vacances d’été, la vie culturelle parisienne reprend ses droits. Le Salon international d’art contemporain se tient fin octobre. Autrefois réservé au seul « Fiac », il voit désormais coexister l’« Art Elysee » sur les Champs-Élysées, le « Show off » sous le pont Alexandre-III et le « Shick » dans le 20e arrondissement (Aubervilliers). Les trois grands salons sont concentrés autour du Grand Palais.
Le « Fiac » constitue le cœur du marché, réparti en deux sites : le Grand Palais et la Cour Carrée du Louvre. Les sculptures tridimensionnelles sont installées dans les jardins verdoyants des Tuileries. Toutes les galeries parisiennes ou occidentales majeures s’y rassemblent dans la nef du Grand Palais ; les galeries plus jeunes sont hébergées sous des tentes temporaires à la Cour Carrée.
Dans le contexte de crise financière et de récession économique récente, le marché de l’art contemporain apparaît naturellement affaibli. Cette année, une forte présence de galeries américaines, autrefois inimaginable, témoigne du recul du marché américain et de sa tentative de conquérir de nouveaux territoires en Europe. Une autre tendance notable est la création d’un espace dédié aux maîtres de l’art moderne au Grand Palais, exposant des figures comme Picasso, Miró, Dalí ou Fontana, reflétant un conservatisme du marché actuel.
La participation des galeries chinoises, coréennes ou japonaises reste quasi inexistante dans ce vaste espace. La galerie Peis de Pékin, noyée dans la masse, occupe un petit stand modeste. Seules deux galeries indiennes méritent mention parmi les acteurs asiatiques. Les galeries sud-américaines sont absentes, tout comme celles du Moyen-Orient (Israël, Liban).
Si l’on trouve presque toutes les œuvres des maîtres occidentaux contemporains, celles des artistes chinois (Chen Zhen, Wang Du), coréens (Lee Ufan, Kim So-ja) et sud-américains sont rares ou absentes. La bande dessinée japonaise (Takashi Murakami, Yoshitomo Nara) est en revanche très visible. Cela confirme la tendance régionalisée et localisée du marché international actuel. L’Occident n’est plus le seul centre et étalon ; les périphéries deviennent des cœurs autonomes et globaux. Avec l’essor économique, financier et politique de l’Asie dans la mondialisation, la création et le marché de l’art contemporain entrent dans un nouveau monde imaginable, dont on peut attendre avec optimisme l’évolution.