Le champ de l'art est un champ de bataille, le peintre est un guerrier
Personne aux allures oisives en violet. Série Peintres et modèles, 1972. Huile sur toile.






Texte et photos / Chen Chi-Hsiang Lieu : Musée national d'art moderne du Centre Pompidou, Paris Dates : 17 février - 16 mai
Gerard Fromanger (né en 1937) est l'un des représentants les plus marquants du réalisme narratif français en Europe. Artiste radical de gauche, sa pratique s'appuie sur une idéologie forte : la peinture est un outil de combat et un support politique et social. Elle plonge le spectateur dans les formes et les couleurs du quotidien, qu'il faut apprendre à reconnaître. Comme beaucoup de jeunes peintres radicaux, il a fait du Salon des Jeunes Peintres son terrain de bataille.
Appartenant pour la plupart à la génération ayant participé directement aux événements de Mai 68 en Europe, ils se battent, placés sous le signe du socialisme et de l'humanisme, face à l'histoire de l'art occidentale ainsi qu'au contexte politique et social de leur temps. Pour ces peintres narratifs, l'art consiste à « atteindre une compréhension qui n'est pas soumise au temps ni à l'espace », à exposer les situations historiques et sociales, et à adopter une position critique et combattante dans le monde. Ils considèrent que « l'image n'est plus un objet de contemplation, mais un instrument de transmission », privilégiant la lisibilité comme critère principal plutôt que les normes esthétiques.
Fromanger déclare : « L'art n'a jamais obéi à une croyance, ni à un ordre, ni à un décret ou à une opinion publique. »