La naissance d'une nouvelle esthétique - L'impressionnisme
Monet, Femme sous l'ombre, 131x88 cm, 1886, Musée Marmottan, Paris




Sous l'influence du romantisme, puis de l'école de Barbizon et du réalisme de Courbet, la peinture en plein air a guidé l'émergence d'une nouvelle esthétique : l'impressionnisme. Apparu vers 1870, le mouvement est officiellement révélé lors d'une exposition collective tenue du 25 avril au 15 mai 1874 dans les studios du photographe Nadar. Y participent Monet, Renoir, Pissarro, Sisley, Cézanne, Degas, Guillaumin, Berthe Morisot et d'autres. Le critique Louis Leroy, après avoir vu Impression, soleil levant (1872) de Monet, s'exclame : « C'est une impression ! ». Cette œuvre transforme la nature en sensation visuelle, faisant du terme « impression » le synonyme de ce nouveau style pictural.
Les impressionnistes ne traitent plus le sujet comme une fin en soi, mais en extraient l'impression pour peindre la sensation, la lumière, l'atmosphère et les reflets aquatiques. Contrairement à Barbizon, ils n'ont pas peur des sujets modernes, libérant la forme et la couleur subjective par des touches brutales et des couleurs vibrantes. Cette approche, proche de Corot et des peintres de paysage britanniques comme Turner, crée un nouveau cadre pictural.
L'art moderne impressionniste est également influencé par les estampes japonaises (ukiyo-e), notamment par leur simplification subjective, leurs formes graphiques et leur traitement plat des couleurs. Ces éléments ouvrent la voie à de nouvelles pratiques artistiques, menant aux néo-impressionnistes et post-impressionnistes qui radicalisent l'avant-garde, faisant de l'innovation le chemin de l'art moderne.