Jardins du Château de Versailles
Le majestueux pavillon de Trianon en marbre était la petite résidence personnelle de Louis XIV.



La modeste ferme préférée de la Reine est nichée dans ce décor d’eau et de reflets. Les jardins du Château de Versailles sont un exemple typique des jardins français, conçus par l’expert paysager Le Nôtre entre 1661 et 1668. Leur inspiration principale vient des jardins baroques italiens, avec leurs parterres, bois, pelouses, étangs, statues, fontaines et cascades. Avant la Révolution française, ces jardins poétiques s’étendaient sur 8 000 hectares ; il n’en reste plus que 815 aujourd’hui, abritant plus de 300 statues (en marbre ou bronze), ce qui en fait le plus grand jardin sculptural extérieur au monde. Durant les vacances estivales, chaque après-midi (sauf le dimanche) de 15 h 30 à 17 h, plus de 300 fontaines s’animent au son de la musique symphonique, offrant un spectacle magnifique et envoûtant.
Les deux grands bassins d’eau (Parterre d’Eau) : Ces deux vastes bassins octogonaux ressemblent à deux immenses miroirs reflétant la Galerie des Glaces. Sur les bordures en marbre se dressent de grandes statues classiques, quatre groupes d’enfants, quatre statues allongées d’hommes symbolisant les quatre grands fleuves de France, et quatre statues féminines élégantes représentant les petits cours d’eau.
L’Orangerie : Située au sud des grands bassins d’eau, cette orangerie cultivait alors les fruits exotiques préférés du Roi-Soleil (oranges, citrons, grenades et autres agrumes subtropicaux), considérés comme des curiosités rares pour l’époque.
La Fontaine de Latone : Cette fontaine mythologique représente une jeune et belle mère (Latone) protégeant ses deux enfants adorables. Apollon et sa sœur Diane (situés au sommet) ont été insultés par des paysans ; Jupiter, roi des dieux, descendit pour venger leur honneur, transformant ces paysans en grenouilles et lézards entourant la statue centrale. Ces sculptures spectaculaires sont l’œuvre des frères Marsy.
La Colonnade : Cette colonnade aux formes musicales ressemble à une colonnade circulaire romaine. Elle est constituée d’un dôme formé par 64 colonnes de marbre peint (32 rondes devant, 32 carrées derrière), ornées de petits vases symétriques. D’un diamètre de 32 mètres, elle abrite sous ses voûtes 28 petites fontaines peu profondes en marbre blanc. C’était également ici que Louis XIV prenait ses repas en plein air et écoutait des concerts.
La Bassin D’Apollon : La plus spectaculaire des fontaines des jardins de Versailles. Lors des projections, les jets d’eau atteignent 19 mètres de hauteur dans un bassin de 10 mètres de diamètre, créant un effet dramatique saisissant grâce à la lumière et à l’eau.
La Grand Canal : Derrière la fontaine d’Apollon s’étend un immense canal. On dit qu’il a fallu dix ans de creusement sous Louis XIV pour achever cette étendue de 23 hectares, longue de près de 2 kilomètres. À l’époque, la famille royale y naviguait et s’y amusait ; vous pouvez louer un bateau pour revivre ce plaisir royal.
En visitant la fontaine d’Apollon, on peut, en contournant la rambarde à droite, louer un vélo ou prendre un petit train ou une calèche. Cependant, se promener à pied dans les jardins est le moyen le plus agréable, permettant d’accéder à tous les recoins inaccessibles aux véhicules. Il suffit de 10 minutes pour atteindre le Grand Trianon, 15 minutes pour le Petit Trianon, et 30 minutes pour la Ferme de la Reine.
Le Trianon, paradis terrestre : Derrière les jardins baroques de Versailles, cachés dans une forêt ombragée, se trouvent deux musées plus petits : les musées du Grand et du Petit Trianon. Horaires : 10 h 00 – 12 h 30 (visite d’environ 1 heure).
Le Grand Trianon (La Garnd Trianon) : Ce majestueux pavillon en marbre était la petite résidence privée de Louis XIV, où il se retirait parfois dans la cour verdoyante pour créer un espace de vie détendu. Construit en 1688 par l’architecte Mansart, il est aussi appelé « Trianon de marbre » car toute sa façade est réalisée en marbre rose et blanc. Une galerie de doubles colonnes relie les ailes nord et sud, tandis que les appartements du roi se trouvent à gauche des colonnes. Le musée expose des objets allant du Premier Empire à la Restauration et à la monarchie de Juillet (1830-1848).
La visite commence par l’aile sud, où les miroirs créent un labyrinthe de reflets. C’était le grand bureau du Roi-Soleil, puis la salle de réunion de Louis XV, Louis XVI, Napoléon et Louis-Philippe. En passant par ce labyrinthe vers les suites, on découvre les appartements royaux antérieurs à Louis XIV, devenus ceux de la reine Marie-Louise (seconde épouse de Napoléon) sous l’Empire.
Traversant la colonnade de marbre, on arrive à l’aile nord et au salon circulaire. Le sol exquis présente un motif étoilé en marbre noir et blanc. Le salon officiel, ancien hall de musique du Roi-Soleil, expose désormais des meubles néoclassiques raffinés. Juste après se trouve le grand salon : salon officiel de Napoléon sous l’Empire, lieu de rassemblement de la famille de Louis-Philippe sous la Restauration.
Le Pavillon du Jardin France : Pour échapper à la pression de la vie au palais, Louis XV aimait souvent se rendre dans les jardins français de Versailles, développant un intérêt marqué pour les plantes. En 1750, il chargea l’architecte Gabriel de construire une bâtisse blanche dans le parc français comme résidence d’été. De style rococo typique, au décor élégant, elle comprend plusieurs pièces, dont un grand salon d’été et une petite salle à manger.
Le Petit Trianon : Commandé par Louis XV en 1762 à l’architecte Gabriel et achevé en 1768, ce bâtiment sobre et harmonieux intègre gracieusement dans le paysage des colonnes grecques anciennes et des balustrades régulières. Louis XVI offrit ce havre de paix à sa jeune et bien-aimée reine Marie-Antoinette, qui transforma le jardin botanique laissé par Louis XV en jardin anglais, y menant une vie pastorale.
Le Temple de l’Amour : Situé à côté du Petit Trianon dans le vert jardin anglais, ce temple fut construit par l’architecte Mique en 1778. Supporté par douze colonnes de marbre grecques, il abrite une coupole décorée et, au centre, une statue d’Éros tenant arc et flèches.
Le Hameau de la Reine : Situé de l’autre côté du jardin anglais, ce hameau fut également construit par Mique en 1783. Structuré autour de la demeure de Marie-Antoinette, il relie deux bâtiments. L’aile droite abrite au rez-de-chaussée une salle à manger et une salle de jeux, et à l’étage un salon de banquet élégant, un petit salon et une bibliothèque. L’aile gauche contient au rez-de-chaussée une salle de billard et à l’étage une petite pièce calme. Un moulin à eau se trouve près de la rive. C’est dans ce cadre rural pittoresque que la Reine fuyait le faste bruyant du palais pour mener une vie champêtre.