« Série Mains et Pieds » - Nouvelle œuvre 100x150 cm, collage photographique, 2009
« Série Mains et Pieds » - Nouvelle œuvre 150x150 cm, collage photographique, 2009
« Série Mains et Pieds » - Nouvelle œuvre 100x150 cm, collage photographique, 2009

Exposition personnelle de John Baldessari intitulée « Nouvelles œuvres de la série Mains et Pieds » : du 17 octobre au 28 novembre chez Marian Goodman. Né en 1931, John Baldessari est l'un des artistes américains les plus représentatifs de l'art narratif des années 1970. Il se distingue par ses assemblages d'images photographiques mixtes et est un pionnier de l'art photographique numérique contemporain. Son œuvre novatrice incarne l'humour et l'esprit satirique de la côte ouest américaine.

Il étudie à l'Académie des arts de San Diego en Californie de 1949 à 1957. S'il débute par la peinture, il abandonne radicalement ce médium traditionnel en 1966 pour privilégier l'art conceptuel dans une attitude anti-objet, commençant également à réaliser des films et de l'art vidéo. En 1967, il radicalise sa pratique en supprimant toute image au profit de l'écriture textuelle, comme dans son œuvre marquante Tout doit être effacé de la peinture sauf l'art. L'idée doit s'infiltrer dans l'œuvre. Il développe ensuite des assemblages combinant images et textes, illustrant cette narration conceptuelle, notamment avec Ryan Oldsmobile (1967) ou Composing on a Canvas (1967-1968).

En réaction à la déclaration de Doug Yule selon laquelle « le monde est rempli d'objets plus ou moins intéressants, je ne souhaite pas en ajouter d'autres », Baldessari organise en mai 1970 le « The Cremation Project ». Il fait brûler tous ses tableaux peints entre 1953 et 1966 lors d'une cérémonie rituelle. L'année suivante, il formule son œuvre conceptuelle sous forme de texte : Je n'en ferai plus jamais de l'art ennuyeux.

En 1971, déménageant à Santa Monica, il se concentre sur les images des médias de masse — télévision, presse, magazines et surtout le cinéma hollywoodien. Influencé par la proximité californienne et hollywoodienne ainsi que par le pop art, il utilise ces images pour interroger les conventions artistiques. Par le montage, le découpage et la juxtaposition de photographies, semblable au travail d'un monteur cinématographique, il émerge de la dialectique linguistique de l'art conceptuel. Il révèle une nouvelle esthétique temporelle à travers des compositions visuelles aux contenus narratifs potentiels et structures sensibles, explorant diverses possibilités formelles, comme dans la série A Monie Diretional Piece Where People one Looking (1972-1973).

Par la suite, il réorganise les plans photographiques, souvent géométriques, sous divers modes de lecture, ou insiste sur l'analyse structurelle de l'image, comme dans la série Blasted Allegories Colorfui Sentence and Purple Patch (1978). Dans les années 80, il privilégie des assemblages d'images sensibles et variées ; les superpositions créent des effets inattendus, développant des intrigues littéraires et des allusions narratives, tel le série Bloody Sundae (1987). L'ajout de couleurs symboliques, comme dans Composition Pour Violons et Voix, donne naissance à des images picturales poétiques. En 1988, avec A Fix d Inflexible Sorrow, il oppose de nouvelles images, révélant violence, crise, vérité et poésie dans une structure formelle rigoureuse, offrant un espace imaginaire quasi cinématographique.

Dans les années 90, il mélange noir et blanc et couleur, intégrant divers récits visuels, comme dans Killer Wahle Man Water Glass (1991), soulignant le langage formel et la multiplicité narrative. À partir du milieu des années 90, dans les séries Superposition et Croisement, les images proviennent toujours du cinéma et de la réalité (immeubles, ports, paysages). Les œuvres finalisent le dialogue entre film, vie réelle et peinture. La série Superposition crée des formes picturales indéfinies, tandis que Croisement construit des formes en « T » et « + » originaux. Baldessari y trace des lignes de partage entre nature et culture, côtes parallèles et immeubles verticaux, suggérant des intrigues et un monde vivant qu'il nomme « zones de conflit imaginaire ».

Pour cette exposition personnelle « Nouvelles œuvres de la série Mains et Pieds », John Baldessari explore l'identité humaine à travers des fragments corporels. Il assemble avec ingéniosité des photographies en noir et blanc ou couleur de parties de corps humains et animaux, créant une syntaxe visuelle. Sur des surfaces planes aux effets de relief, structurées verticalement et horizontalement, il établit un dialogue inhabituel entre photographie, peinture et sculpture. Libéré des codes de lecture traditionnels, il offre un large champ d'interprétation dépendant de sa culture et imagination. Comme il le dit : « Nous croyons généralement que la photo exprime la vérité, mais un grand artiste peut renforcer le réel par la manipulation formelle et l'ajout de peinture. C'est séduisant, tout comme je manipule la vérité en juxtaposant facilement des photos opposées ou en les privant de contexte. Opposer deux forces dans une même image leur donne vie, comme le chevalier et son cheval, ou la momie debout sur son cercueil face à une femme terrifiée. Monter et manipuler une image peut l'ambiguïser davantage, résultant en une sorte de combat. »