De Noël au jour de l’an, toute la société baigne dans une atmosphère festive ; les vitrines étincelantes et les rues bondées d’acheteurs et de touristes contrastent avec l’oubli des sans-abri parisiens disséminés dans les coins animés de la métropole. Selon l’évaluation du bureau social parisien, il y a près de sept mille errants à Paris, principalement issus du chômage, de drames familiaux, ou encore de migrations économiques venues d’Europe de l’Est ou du tiers monde, ainsi que de réfugiés politiques. Parmi eux figurent aussi des travailleurs précaires sans logement, incapables de se payer un appartement à Paris, devenant ainsi les plus grandes victimes de la société capitaliste contemporaine. Une enquête sociale révèle que 60 % des Français craignent de devenir sans-abri à tout moment, illustrant cette insécurité face à la mondialisation qui persiste malgré l’esprit de prudence français. Le nombre de personnes dépendant des « restaurants du cœur » augmente chaque hiver, témoignant de la situation sociale actuelle.

À la veille de ces fêtes, un groupe militant pour la justice sociale, les « Enfants de Don Quichotte », fait son apparition. Don Quichotte, œuvre emblématique de l’auteur espagnol Cervantes, symbolise le héros populaire combattant seul pour la justice. Ce groupe exhorte les dirigeants et le public à ouvrir les yeux face aux réalités sociales, annonçant leur intention de s’installer sur les berges du canal Saint-Martin dans des tentes simples, vivant comme les sans-abri pour sensibiliser la population et encourager son engagement dans ce combat social. Les berges du canal Saint-Martin se transforment alors en campement insolite, mettant en lumière la crise des sans-abri à Paris, aggravée par l’insuffisance des refuges municipaux et l’absence de solutions gouvernementales. Cette action suscite l’attention des médias nationaux et internationaux, déclenche un débat public et attire l’intérêt des candidats présidentiels à l’approche de l’élection présidentielle française, qui dépêchent des représentants et rencontrent le ministre social, ouvrant ainsi des négociations avec le gouvernement. Sous la pression des « Enfants de Don Quichotte », une lueur d’espoir apparaît ; ils avancent courageusement, organisant des camps collectifs hors de Paris dans diverses villes et provinces françaises, démontrant que la précarité n’est pas seulement un problème parisien mais la plus grave question humanitaire de France. Lors de son dernier discours du réveillon de la nouvelle année, le président Chirac a souligné le droit au logement, invitant le Premier ministre à légiférer pour résoudre ce problème. Profitant de l’élan des « Enfants de Don Quichotte », lors des vacances du jour de l’an, l’« Union des Sans-Logis de Paris » a occupé illégalement un immeuble vide de six étages appartenant à la banque CIC, situé en face de la Bourse de Paris, exigeant que le gouvernement ou la mairie de Paris réquisitionnent les logements vacants pour résoudre la pénurie de logements dans la métropole. Il est évident que la construction d’un système social nécessite la vision stratégique du gouvernement, sinon des figures sociales prophétiques doivent mobiliser organisations et citoyens pour lutter activement afin d’établir ces structures.