Le Tribut (vers 1424), 255×598 cm, fresque, conservé à l'église Santa Maria del Carmine de Florence. Il est le peintre le plus représentatif du nouveau cycle de la peinture de la Renaissance, héritant et développant l'art de Giotto, et profondément influencé par son maître Masolino. Son style au caractère fort contraste avec le lyrisme élégant d'Angelico ; cette observation minutieuse de la nature se rapproche d'un réalisme naturel, ouvrant la voie à une exploration nouvelle des formes, des volumes, de la lumière et de l'espace, et inaugurant ainsi les prémices de l'art pictural de la Renaissance italienne.

La scène du Tribut fait partie d'une série décrivant la vie de saint Pierre. Dans un réalisme naturel révolutionnaire, elle présente une image nouvelle, jouant sur la lumière, le volume, les tons et la perspective tridimensionnelle, créant une scène théâtrale imprégnée de sensibilité. Dans ce récit unique, trois épisodes de la vie de saint Pierre sont unifiés sur la même toile.

L'œuvre prend pour centre ce groupe central, avec en arrière-plan des collines lointaines et des montagnes sauvages, et sur le côté, un bâtiment géométrique suggérant l'espace perspectif et indiquant une cité. Au centre, Jésus-Christ vêtu de rouge et drapé de bleu guide saint Pierre, situé à gauche, tandis que saint Matthieu et les autres apôtres l'entourent à droite. Dos à nous, un percepteur ouvre les bras pour réclamer l'impôt d'entrée. Jésus indique à saint Pierre qu'il trouvera de l'argent au bord du lac. À gauche, on voit saint Pierre chercher cet argent au bord du lac ; à droite, il le remet au percepteur. Cette narration parfaite constitue une forme de récit particulièrement spéciale des débuts de la Renaissance.